Il ne lui sauvé de la prison que par son litre de lord
mariage, lui inspiraient de vives attaques contre les usuriers '. C'étaient aussi les souvenirs de son éducation étroite et pédante, ses rancunes contre les hommes de loi2, contre les critiques et les revues3, qui se pressaient sous sa plume et mêlaient à la volupté des descriptions une tristesse sarcastique.
Écrit au sortir de nuits de débauche, sous l'impression d'un passé récent, ce premier chant est ainsi une succession de peintures licencieuses et de réflexions douloureuses, dont le contraste émeut et déconcerte. Tantôt le poète, tout entier à ses plaisirs, chante l'amour avec folie; puis, soudain, l'image du passé assombrit le présent, et la strophe commencée en riant s'achève dans un sanglot. La main libertine qui vient de peindre Don Juan caché sous les draps de Julia trace ces lignes plaintives : Mes jours d'amour sont morts; les charmes des jeunes fdles, des femmes et à plus forte raison des veuves ne pourront plus m 'abuser comme jadis.... L'ambition fut mon idole; elle a été brisée sur les autels de la douleur et du plaisir.... Maintenant, comme la tète de bronze du moine Bacon, j'ai dit : « Le Temps est, le Temps fut, le Temps n'est plus. La brillante jeunesse est un chimique trésor que j'ai dépensé de bonne heure, épuisant mon cœur à aimer, ma tête à faire des vers 4. »
Les circonstances et les sentiments sous l'empire desquels le poète écrivit le deuxième chant ne diffèrent guère. On y trouve confondus les impressions du moment qui lui font glorifier l'inconstance ', les souvenirs joyeux d'un voyage qu'il fit à