Ch. IX, si
un voyage de Georges IV en Irlande et le froid accueil que ce prince reçut à son retour1. Ce sont surtout des allusions à des faits personnels : à un article de Jeffrey2, à un ancien séjour en Ecosse, dont il avait gardé une impression profonde3, aux souvenirs du manoir de ses pères qu'il décrit longuement à la fin du quinzième chant; à une légende du château de Newstead* relative à un fantôme qu'il crut voir lui-même en 1814; aux relations qu'il eut à Athènes en 1810 avec la plus jeune des trois filles de son hôte, Katinka, dont il a donné le nom à une des suivantes de la sultane. Ce sont enfin ses griefs contre la société anglaise qui lui fournissent une matière toujours plus abondante, à mesure qu'il avance dans la composition du poème.
Les aventures de Don Juan ne sont ainsi qu'un fil conducteur, souvent abandonné, d'ailleurs, pour permettre au poète de grouper les multiples observations que lui suggèrent à la fois sa propre vie et le spectacle de la vie des autres. C'est le procédé déjà employé dans Childe HaroU. A certains égards, le poème est donc une autobiographie. Il est en grande partie écrit sous l'influence des événements présents ou passés; mais il est surtout composé avec les idées et les sentiments les plus intimes de son auteur. La vie intérieure de Byron le remplit plus encore que sa vie extérieure. Il est la représentation fidèle de son moi, un document précieux qui découvre à nu sa véritable personnalité.
Celle-ci présente un double aspect : l'un artificiel et conventionnel, tout en façade. Le poète joue un rôle, affecte des émotions et des désirs inaccessibles au vulgaire, se livre de parti pris à des actes extravagants, s'entoure de crânes, achète des ours, s'écrie un jour, à la vue d'un yatagan : « Je vomirais connaître