‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 165 sur 223 · Ch. V, si. :SS cl suiv · texte numérisé non relu

Ch. V, si. :SS cl suiv

rouchée de la comtesse et les événements firent subir à l'œuvre, celle-ci prit de plus en plus un caractère sarcastique, qu'expliquent les souffrances diverses éprouvées par Byron : blessures dans son amour, désillusions causées au libéral enthousiaste par l'échec de la révolte en Romagne, perte d'un procès, menaces de prison, divorce de la comtesse, attaques répétées de la critique, mort de sa fdle Allégea1. Byron affiche, à partir de ce chant, plus de scepticisme, plus de mépris pour l'homme, pour ses sentiments, pour ses idées, pour toutes les créations de son génie. On sent réapparaître l'influence des lectures qu'il avait faites en Suisse2 et des relations qu'il y avait nouées, notamment avec Shelley, renié comme lui par les siens, bouillant de révolte et de haine. A l'ironie légère, succèdent une misanthropie grincheuse, des violences dignes de l'auteur de Promet liée, un scepticisme hautain inspiré de Wieland. Une ironie plus âpre devient la tonalité générale des derniers chants.

Ceux-ci sont toujours remplis des mômes détails de l'existence journalière du poète : il lit un ouvrage en trois volumes qui vient de paraître en 18:20 à Paris, Y Essai sur l'histoire ancienne et moderne de !" Nouvelle Iiussie, par le marquis de Castelnau ; et il a aussitôt l'idée d'écrire le récit du siège d'Ismaïl. Il emprunte à une anecdote qu'on lui raconte sur le duc de Richelieu, fondateur d'Odessa, l'histoire de la jeune Turque sauvée par Don Juan. Les événements contemporains lui fournissent aussi de nombreux sujets de satire. C'est la tyrannie du ministre d'État Londonderry: ce sont les misères de l'Irlande3; le prétendu attentat dont fut victime à Paris Wellington et l'affaire Marinet 4 ;

1. Cf. lettre du II mai 1821 a Moore : « Depuis l'année dernière, j'ai perdu un procès Mi' grande importance; j'ai cansé un divorce; j'ai eu mes vers dénigrés par Murray et 1rs critiques; 1rs administrateurs mil refusé un placement avantageux pour ma fortune en Irlande: ma vie a été menacée le mois dernier,... finalement ma belle-mère a été sauvée il y a quinze juins et ma pièce condamnée il y en a huit, Ce sont les dix-huit infortunes d'Arlequin. » Cf. aussi la lettre de Shelley du 7 août 1821. Il constate Triai de dépression et la fatigue de Byron. Sun estomac ne digère plus: il a la fièvre.

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