Wbother it was tbeir ongineer's stupidity
Their baste, or wasto, I neitber know nor rare.
Or somo coiitractor's personal cupidit] , Savin^- bis soûl b\ cheating in t.i<' ware
m homicide, but there was no soliditj In tbe now batteries erected there;
They oitber miss'd, or tbey were never miss'd,
And added greatly to the missing list.
1 II . \ 1 I , Si . .<
Cette ironie n'est point inoffensive et les critiques les moins sévères parmi les contemporains du poète ne manquent pas d'en signaler le danger1. Le procédé est des plus habiles pour jeter le discrédit sur la vertu. Afin d'établir que les plus nobles sentiments ne sont que duperie et illusion, que l'amour, le patriotisme, la bravoure, la piété, ne sont qu'instruments d'intrigue, de mensonge et de crime, Byron commence par les peindre d'une façon si séduisante qu'on le croirait lui-même le plus enthousiaste de leurs dévots, jusqu'au moment où, brusquement, il découvre le fond de sa pensée par un sarcasme, un jeu de mots, un détail ridicule. Toute passion n'est ainsi exaltée que pour être aussitôt bafouée. C'est par là que Byron se rattache à la lignée de ces écrivains tantôt violents, tantôt humoristiques, toujours misanthropes, qui depuis Gascoigne et Joseph Hall jusqu'à Shelley, en passant par Ben Johnson, Dryden, Pope, Swift et tant d'autres, ont donné à la littérature anglaise jusque dans ses badinages la sévérité et la tristesse qui la distinguent des autres.
Ainsi il se dégage du poème de Byron une impression très nette de scepticisme et de pessimisme. Incapable de fixer luimême sa croyance, renonçant à posséder jamais le bonheur qu'il a vainement cherché à travers l'Europe, qu'il a demandé, sans le trouver, à l'ambition, à l'amour, à l'amitié, à la poésie; témoin impuissant de l'échec du libéralisme et du retour de la réaction, Byron conclut amèrement à la faillite de la vertu, à l'impuissance de l'homme à réaliser aucun progrès politique et moral. Ce désenchantement est né chez le poète de la ruine de son idéal. Plus celui-ci fut élevé, plus la déception et le doute qui ont suivi furent profonds, irrémédiables. Pour avoir trop espéré de l'homme et trop attendu de la vie, Byron les a trop méconnus et dénigrés l'un et l'autre.
I. Cf. notammenl l'article anonyme publié en lévrier 1X22 dans VEdinburgh Review, t. XXXVI, p, 413 et suiv.
LES PRECURSEURS Dr ROMANTISME. 487
Il l'a fait d'abord avec la passion un peu naïve du jeune homme soudainement déçu dans ses rêves : Childt ffdrold fui l'expression la plus véhémente de cet état d'âme. Dans la suite, le ton devint plus calme. Au contact prolongé de la réalité, les indignations du début s'atténuèrent; elles se changèrent en persiflage; d'abord déclamatoire la douleur devint caustique. Cette seconde phase a produit Don Juan. Celui-ci est un Childe Harold mûri par l'expérience, qui n'estime plus assez ses semblables pour s'indigner contre eux. Childe Harold ne peut pardonner à l'humanité d'avoir détruit son rêve, et il lance contre elle tous les anathèmes. Don Juan, plus sceptique, a pris le parti de jouir de la vie pour n'en point souffrir. Il connaît les homme- i l sait ce qu'il est opportun d'attendre d'eux; il ne fait aucun fond sur leurs vertus et s'amuse de leurs vices.
Mais il n'arrive pas dès le principe à ce dilettantisme philosophe. Les aventures le mûrissent; il se transforme au cours des événements, et dans les pays qu'il traverse. L'adolescent fougueux qu'il est au début devient à la fin un homme calme avisé, qui domine la vie. Cette évolution se fait lentement, en plusieurs périodes.
Don Juan est d'abord un enfant qui porte en lui les sentiments chaleureux de sa race: comme le héros de la légende es] >;i gnole, il est Sévillan et de sang goth. Ce « bambin à la tète bouclée » est déjà un «franc vaurien, malin comme un singe depuis sa naissance1 », de cœur ardent, d'intelligence prompte, bon d'ailleurs et sans vices. A quinze ans, ses sens jusqu'alors assoupis s'éveillent brusquement : l'Age, le tempérament, le climat, l'occasion, tout s'unit pour révéler à Don Juan le mystère d'amour. Il le découvre, sans les souillures ni les bassesses qui accom pagnent souvent la première initiation presque chastement. Son cœur l'entraîne et il ne sait lui-même où il va le mener la nature l'appelle et il cherche d'où vient la voix qui parle en lui. Timide, inquiet, il fuit dans les bois solitaires le mal inconnu
\ little curly-headed, f I for ooth
And mischief-making monke) from In birth.
qui le tourmente. Puis ce sont les soupirs, les rougeurs, les regards à la dérobée, toutes les émotions et tous les embarras que l'amour cause à une âme novice. La sienne s'ouvre comme une âme de vierge, ignorante d'elle-même et des raisons de son trouble. Mais, quand il a une fois « connu l'arbre de la science » il mord avec furie dans ses fruits. Il aime comme un être vigoureux, sensuel, qui accomplit sa fonction. Sous la force de l'instinct « il nage sans malice dans la volupté ». C'est un « bouillon de jeunesse ' » qui déborde. L'écolier comprimé, nourri de sages leçons, tout confit dans la morale et la religion, hume désormais le plaisir comme le poulain échappé hume l'espace. 11 croit d'abord aimer celle qui fut son initiatrice : mais ce n'est pas une femme qu'il aime, c'est la femme. A peine séparé de Julia, il se console dans les bras d'Haydée. Il n'y a point là chez lui ingratitude, trahison, recherche de voluptés nouvelles : c'est la passion qui s'étale sans voile comme l'enfant étale innocemment sa nudité.
Tel est le premier état d'âme du héros, la première phase de son évolution. C'est l'adolescent en qui la nature s'épanouit librement; c'est un être d'instinct, un peu naïf et tendre que la vie n'a pas encore desséché et que les hommes n'ont pas corrompu.
Mais ses premières aventures, la barbarie des mœurs qui séparent sans pitié les êtres faits pour s'aimer, les malheurs qui s'accumulent, le premier contact avec le mal, tout se réunit pour donner à. Don Juan le sentiment de la réalité, pour calmer son tempérament et le mûrir. Déjà sur le navire qui l'emporte captif loin de sa maîtresse, il rencontre un Anglais, prisonnier comme lui, plus Agé et plus accoutumé aux caprices de la fortune. Les discours de ce compagnon, son sang-froid et son indifférence apprennent au jeune héros à estimer plus justement la valeur des choses et des hommes, à calmer ses engouements el à moins souffrir de ses déceptions. Mieux informé de la nature des sentiments humains el de leur instabilité, Don Juan ne com-