‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 202 sur 223 · Lettre du 12 octobre lX2u a Murray · texte numérisé non relu

Lettre du 12 octobre lX2u a Murray

.">. C'est ce qu'il dira un peu plu- iard.cn parlant de l'opinion de la comtesse Guiccioli sur /><>// Juan : •• The reason arises IV the wish of ail women

lu exall the sentiment of the passions, and to kep up the illusion which is theii empire. Now Don Juan strips off this illusion and laughs at tli.it and mosl other things. I never knew a woman who did nul protecl Rousseau, nor uni' wliu did mit dislike de Grammont, Gil-Blas and ail the comedy of the passions, when brought mit naturally. » (Lettre à Murray, du 2b' juillet 1821.)

LES PRÉCURSEURS DU ROMANTISME. îiOT

inachevé, il atténua du moins le libertinage du ton, si bico que Shelley, parlant du [Ve chant, pouvait affirmer qu'il ne contenait pas un mot que le plus rigide défenseui de la dignité humaine pût désirer supprimer '.

La censure publique ne désarma point cependant et le poète finit par en prendre son parti. Dans une lettre du 25 décembre 1 822 à Murray, faisant allusion à un article du Galignanïs Messenger très dur pour son œuvre, il excusait presque le critique obligé de suivre l'opinion de la majorité.

Cette opinion, qui lui fut si sévère en Angleterre de son vivant, ne s'est guère adoucie depuis. Par son attitude, par son affectation à braver les usages dans un pays où le respect de la tradition est considéré comme le fondement de la société, Byron est un isolé, une sorte d'ilote au milieu de ses compatriotes. En outre, son romantisme, ses sentiments factices, sa recherche systématique de l'étrange et du bizarre ne pouvaient être vraiment goûtés par un peuple qui a le culte de la réalité et le mépris des paradoxes.

Pour une raison inverse, le Don Juan de Byron n'eut pas non plus sur le continent le succès de Childe Harold. Le Romantisme français, enthousiaste des héros qui vivent en dehors de la vie, devait être peu touché par les passions encore très matérielles et l'idéal très terrestre du Don Juan anglais. D'autre part, ce poème inachevé et déconcertant, où se mêlent la satire le lyrisme, le rêve et la réalité, rempli d'intentions obscures, d'arrière-pensées, d'allusions aux aventures privées de l'auteur, et tout inspiré de ses sentiments les plus intimes; cette autobiographie à demi voilée devait être peu intelligible à un public ignorant la vie anglaise et mal renseigné sur un grand nombre de faits qui constituaient la partie la plus originale du sujet.

En somme le Don Juan de Byron ne répondait pas encore à la conception romantique du Héros. De plus, formé d'éléments jusqu'alors inconnus, tout personnels à l'auteur et à son milieu, il ne se rattachait que très artificiellement à la lignée de ses

l. Lettre du 7 aoùl 1821. Cf. aussi La Lettre de Byron à Moore après L'achèvement du IX' chant (27 août 1822).

aînés. Byron ne s'est pas contenté de modifier la matière et la forme premières, transformation qui devait nécessairement se faire le jour où la fable parut trop vieillie et trop invraisemblable; il a entièrement changé la nature du sujet. Il a si délibérément rompu avec la tradition ; il a donné à son poème un caractère si spécial qu'on ne peut lui assigner une place dans la suite des œuvres issues de la pièce espagnole. Son Don Juan ne se rattache à aucun autre, ni dans le passé, ni même dans l'avenir. Il demeure isolé, unique. Il a franchi les limites où la légende, si modifiée qu'elle puisse être, doit rester enfermée pour continuer à être elle-même.

Coup d'œil rétrospectif sur le développement de la légende. - Les trois causes nui expliquent sa diffusion : 1° intérêt de L'élément surnaturel. - Sa disparition graduelle. - 2» Valeur universelle de la morale. - Sa facilité d adaptation aux temps et aux pays. - 3° Le caractère du héros. - Les différents âges ont pu s'incarner en lui. — Développement de sa personnalité. - Les deux phases qu'elle a traversées : 1° le héros antipathique et dangereux; 90 le héros attirant el sympathique. - Don Juan a symbolisé de tous temps la lutte de l'individu contre la société. — Raisons de ce symbolisme. — Signification nouvelle que lui donnent les temps modernes.

Arrivés au terme de la première partie de cette étude, si nous jetons un coup d'œil en arrière sur les destinées de la légende depuis ses origines jusqu'au jour où le Romantisme en modifie non plus seulement le sens, mais aussi le cadre traditionnel, nous constaterons combien sa diffusion a été rapide et générale. Dès le xvne siècle, la plupart des pays de l'Europe l'accueillenl et l'adoptent. Chacun la fait sienne, en dépit des caractères locaux très spéciaux qui la constituaient essentiellement à son origine. Elle semble porter en elle des éléments, assimilables à tous les lieux et à tous les temps, qui lui permettenl de traverser indistinctement les âges et les peuples, en s'adaptant a

chacun d'eux.

Les raisons de ce cosmopolitisme sont diverses. Tout «1 abord, la cause initiale de la propagation de la légende, la cause qui la fait sortir d'Espagne et passer en Italie, c'esl précisément la

présence île l'élément surnaturel, d'origine incertaine et déjà lui-même cosmopolite. Sans doute l'Espagne l'avait modifié et l'avait marqué de son empreinte. Il n'était pas resté chez elle tel qu'il était, avant qu'elle l'eût emprunté au dehors, et il devait se transformer encore en sortant de ses frontières. Mais son étrangeté même lui servit de véhicule à travers le inonde, parce qu'il offrait à la curiosité universelle un irrésistible attrait. Les aventures de la statue de pierre étaient de nature à intéresser tous les publics, par elles-mêmes, par leur extravagance, en dehors de la leçon morale qu'elles contenaient. Le merveilleux a tenu dans l'histoire de la légende une place si importante que nombre de pièces reposent sur lui seul et lui empruntent tout leur intérêt, et que dans les autres on le conserve, alors même qu'il est devenu artificiel et accessoire. La statue aura beau n'être plus dans le drame qu'un « Deus ex machina » consacré par l'habitude et qui sera sacrifié au rôle prépondérant de Don Juan, pendant longtemps ceux-là mêmes qui remplaceront le plus délibérément le surnaturel par une peinture de mœurs et de caractère, continueront à se servir du Convive de pierre comme d'un appât pour les spectateurs, comme d'un personnage nécessaire sans lequel le sujet n'aurait plus ni signification ni raison d'être, et la fable cesserait à vrai dire d'exister. Si avec le Romantisme la légende a fini par rejeter définitivement cette partie d'abord essentielle d'elle-même, elle lui doit cependant l'existence et son extraordinaire développement.

Nous assistons là à un phénomène curieux, sans doute, mais naturel : dans une fable qui contient la matière d'une peinture psychologique et morale éternellement variée et riche, qui est comme le miroir où toute une partie de l'humanité peut se réfléchir, c'est précisément l'élément extérieur, factice, étranger à toute vérité et à toute vraisemblance, qui a été la première condition de vie et le support des éléments humains et vrais.

Mais, par un retour nécessaire, si la légende de Don Juan s'esl . de- le début, répandue à travers le monde, et si l'histoire de son évolution se perpétue de nos jours encore, c'est parce que le conte fabuleux qui en es! comme l'armature a pu se combiner

avec des aventures vraies ou vraisemblables, et qu'il enferme des enseignements sans cesse applicables à la vie quotidienne.

Dès le principe, il en a été ainsi et c'est cette adaptation de la fable à la réalité qui a assuré son succès. Même dans les pièces italiennes et allemandes, une morale très humaine et une cer taine psychologie persistent sous les plaisanteries et les lazzi el demeurent l'âme qui t'ait vivre ces corps artificiels. Celte morale était assez générale et assez souple pour s'assimiler à tous les milieux. Tout en conservant quelques leçons fondamentales et fixes qui ont trouvé leur application, aussi bien en France el en Angleterre qu'en Espagne et en Italie, elle s'est modifiée suivant les circonstances, le public auquel elle s'adressait, el suivant, aussi, les intentions des écrivains.

Elle convenait aux jeunes gens de tous les pays à qui elle enseignait le respect de la femme, la nécessité de refréner leurs instincts et de les subordonner à une certaine discipline. C'est par ces enseignements qu'elle était universelle. En même temps, elle se particularisait. Dans la catholique Espagne, elle s'est surtout enfermée dans les limites d'un problème religieux, tandis que dans la France de 1665 elle a dénoncé à l'indignation publique une classe sans scrupules, redoutable par le rang, le courage, la méchanceté et l'hypocrisie de ceux qui la composent . par leur avidité à épuiser aux dépens de leurs semblables toutes les jouissances de la vie. Et ainsi, suivant toujours les mêmes principes généraux, elle conforme son enseignement aux mœurs des temps et des contrées qu'elle traverse. Par là, elle est à la fois profondément humaine et toujours vivante, toujours actuelle. Cette faculté de rajeunissement et d'adaptation qu'elle porte en elle lui assure une durée indéterminée.

Cependant, la légende a dû sa fortune moins encore à la valeur de sa morale qu'à la personne de son héros. Si nous avons rencontré à toutes les époques le type de Don Juan en un certain sens toujours semblable à lui-même, nous avons constaté aussi combien il s'était différencié. Nous avons vu des traits locaux et accidentels s'ajouter sans cesse au fonds permanent de son caractère el le modifier. Il a été successivemenl

fougueux, superficiel et léger dans les pays de vie ardente et extérieure; brutal, féroce dans les milieux où les vices sont renfermés, profonds; raffiné, dédaigneux, sceptique dans les civilisations dont la corruption est élégante, plus intellectuelle que physique; inquiet, tourmenté dans les périodes de dépression et de névrose. Et ce n'a pas été une des moindres causes de son succès, que cette aptitude à s'adapter à des milieux différents, et à varier avec eux. Il s'est trouvé être ainsi de tous les temps et toujours de son temps.

A cette valeur représentative, il a dû de prendre bientôt dans la légende une place qu'il n'avait point dans le principe. La peinture de son caractère n'était pas dans le Burlador le sujet principal de la fable; et môme dans de nombreuses pièces postérieures, Don Juan ne fut pas autre chose que l'occasion d'aventures surnaturelles dont s'amusait la curiosité des spectateurs. Cependant, son rôle était trop important, son moi trop absorbant pour qu'il tardât longtemps à concentrer sur lui seul tout l'intérêt du drame. Devant lui, devant sa forte personnalité, devait s*effacer bien vite la statue du commandeur, avec tout ce qu'elle contenait de symbolisme religieux. Il se dégagea ainsi de tout le fatras merveilleux et bouffon qui l'entourait ou le relégua dans des œuvres accessoires.

En même temps le personnage tendit de plus en plus à se fixer et à se préciser, à devenir exclusivement le héros de l'amour, à diriger vers cette unique fin toutes ses facultés. Il condensa en lui les tendances plus ou moins éparses chez les gens de sa race et il s'affirma comme le prototype d'une espèce dont les individus existaient partout sans se reconnaître à un signe distinctif. Il leur donna un nom. Avec lui, le Donjuanisme se constitua comme une sorte de système et de philosophie de la vie.

S'il ne fut pas dès l'origine ce type spécifique qu'il a fini par devenir, il en contenail déjà tous les germes. Certes l'auteur du Burlador, en peignant sous son nom un jeune fou qui songe plus au plaisir qu'à son salut, n'avait pas l'intention d'incarner en lui une conception spéciale de l'amour. Mais les folies du premier Don Juan sont surtout des folies amoureuses; les trom-

peries du Burlador s'adressent à dos femmes. Dès qu'il arrive en Italie, le personnage se précise dans le même sens. Son indépendance à l'égard des mœurs établies, sa révolte contre son père, contre Dieu, viennent de ce que mœurs, famille, religion sont un obstacle à son inconstance, une entrave à son désir de posséder librement toutes les femmes qui lui plaisent. De même chez Molière, s'il prend une signification beaucoup plus large et plus générale, il n'en demeure pas moins l'homme dont le plus haut idéal serait de devenir 1' « Alexandre de l'amour Et de plus en plus prédominent chez lui ces caractères essentiels de son tempérament, les seuls qui constituent cet état psychologique et moral qui a fini par prendre son nom.

A mesure que sa personnalité a ainsi éliminé les traits accessoires qui l'encombraient et la surchargeaient, elle a eu une tendance à s'ennoblir. Don Juan n'est plus au XIXe siècle un meurtrier, un voleur, un incendiaire comme il l'a été parfois au xvii';. Il y a eu jusqu'ici dans sa destinée deux périodes : dans l'une il a été considéré comme une force dangereuse, comme un agent de corruption. Dans l'autre, il devient sympathique, attirant, et le Romantisme le réhabilite comme un héros méconnu.

Cette contradiction dans l'interprétation du personnage s'explique aisément. Don Juan a toujours, à travers ses avatars nombreux, affirmé les droits de l'individu en face de ceux de la collectivité. Au wn" siècle, dans un état social fondé sur le principe d'autorité, sur la subordination des opinions, des idées, des actes de l'homme à Dieu et au roi, Don Juan, par son indépendance, est un réfractaire. Il est pour la société et les principes sur lesquels elle repose un péril redoutable; il incarne l'esprit de révolte contre les vertus moyennes, contre la morale universelle. Il ébranle les lois et les dogmes gènéralemenl admis: il s'insurge contre les sentiments reconnus par tous comme bons et salutaires; il représente l'amour déréglé triomphant de l'amour régulier, le libertinage intellectuel vainqueur de la foi, l'égoïsme tuant la charité el le respect d'autrui. L'Espagne, l'Italie, la France, l'Angleterre le peignenl égalemenl sous des

traits défavorables et le proposent à la jeunesse comme un exemple à éviter.

Le Romantisme, au contraire, exalte l'individu aux dépens de la foule, tourne en dérision ces règles bourgeoises qui sont une entrave au libre essor de la fantaisie et de l'imagination. En morale, comme en esthétique, il affirme pour chacun le droit de se soustraire à une conception objective de la vérité et de la beauté, de n'admettre d'autre critérium que son goût et sa vision intérieure. Il dresse sur un pavois quiconque s'insurge contre les règles collectives, se met en dehors de la vie de famille, des lois de son pays, aime ce que les autres méprisent, et méprise ce qu'ils aiment. A la raison dont les jugements sont universels, il substitue la passion qui est individuelle. Il célèbre l'amour jusqu'alors refréné comme un élément de désorganisation sociale, parce qu'il voit en lui la plus puissante manifestation de l'instinct personnel.

Aussi devait-il accueillir Don Juan, l'incarnation du sens individuel, comme un de ses héros de prédilection. Déjà avec Byron nous voyons systématiquement ravaler les vertus dont le Donjuanisme est la négation : l'amour légal auquel Don Juan se refuse est ridiculisé; le pacte social qu'il rompt au profit de ses passions est présenté comme une tyrannie contre nature. Son libertinage n'est plus insubordination ni dérèglement : il est la fière indépendance d'une âme libre. La religion à laquelle il ne croit plus n'est qu'un composé de pratiques extérieures et de formules vaines. Son scepticisme est l'affranchissement d'un esprit sincère épris de vérité.

Dans la vieille légende, et dans la légende renouvelée par le Romantisme, ce sont donc les mêmes forces qui se trouvent en conflit : d'une part l'humanité; de l'autre, l'individu. Jusqu'au xix' siècle, la fable défend la morale humaine, c'est-à-dire tout cet ensemble de croyances, de principes, de préjugés même qui constituent la conscience de l'homme, contre la prétention d'un seul à se créer une morale indépendante Le Romantisme célèbre en Don Juan le héros qui substitue son idéal propre à la règle commune. Cet antagonisme est peut-être la cause la plus

CONCLUSION. r>1;i

profonde du succès de le légende et de son éternelle actualité. Et que Ton ne s'étonne pas de voir la fable du Burlador arriver à symboliser ainsi un des conflits les plus graves dont souffre l'humanité. Ce qui distingue Don Juan entre les autres héros,

c'est qu'il donne l'amour comme but suprême, comme lin unique à toutes les énergies qui sont en lui, au besoin d'indépendance qui le tourmente. Or, si l'on y regarde de près, on verra que la façon de comprendre l'amour et de le réglementer a toujours été un critérium de la morale publique cl de l'étal social. Les législations et les mœurs qui condamnent l'amour, l'asservissent, l'enferment strictement dans le mariage, sont les mêmes qui enchaînent par une série de liens étroits l'individu à la société. Là où l'amour est exalté comme une force et comme une vertu, là aussi l'individu est affranchi des différentes entraves légales et morales. Dans leur façon de concevoir les rapports de l'homme et de la femme, les civilisations ont condensé et exprimé toute leur philosophie de la vie.

Cest ce qui donne au personnage de Don Juan sa vaste signification; c'est ce qui fait qu'il n'a cessé d'évoluer dans la mesure où, autour de lui, se transformaient les mœurs. Nous sommes arrivés à un tournant de cette évolution : nous avons vu. an début du x[xu siècle, le personnage décrié de l'âge classique, Age de tempérament et de règle, s'élever dans l'estime des écrivains et du public à mesure que les sentiments qu'il représente sont eux-mêmes réhabilités. L'évolution continuera dans tout le cours du siècle el suivra une marche parallèle a celle des idées. Quand l'amour ne sera plus seulement exalté, mai- élevé à la hauteur d'une religion mystique, quand le lier.»- ne sera

plus seulement un lion affranchi des lois et du pacte social,

mais un être détaché des liens de la terre el vivant au-dessus de l'humanité dans une sorte d'empyrée, Don Juan ira .-h. -relier dans un monde imaginaire l'idéal (pie les contingence- terrestres

ne peuvent satisfaire. Et plus tard, quand réaction violente

«•'"ilre les rêveries du Romantisme fera retomber la littérature, l'art et la pensée vers une réalité grossière, Don Juan, <\c^-ru dant lui-même des hautes régions où il a un moment plane.

redeviendra subitement un débauché sans vergogne, fort épris de la matière et de jouissances vulgaires. Il n'apportera môme plus dans le vice l'élégance de ses lointains ancêtres ; il dépouillera le gentilhomme raffiné; il sera un bellâtre commun et intéressé, expert surtout à tirer parti de ses bonnes fortunes : Don Juan Tenorio s'appellera Bel-Ami. Plus tard encore, quand la physiologie pénétrera dans la littérature, le fringant cavalier de jadis que la statue vengeresse emportait aux enfers apparaîtra sous les traits d'un « vieux beau » épuisé, qu'une paralysie générale emportera au tombeau.

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