Don Juan. — Gran parto del sol mostraîs
Y a que ol sol os da licencia, Puos solo cou la aparioncia, Siendo de nieve, abrasais.
Tisbea. — Formas helado que ostais, Tanto l'uogo on vos teneis Quo en este mio os ardeis. 1 I 2
(Edition de la Colecciôn de 1ns mejores autores antiguos y modernos, a n.-ilos y extranjeros, t. GV.)
laissant, malgré les sages remontrances de son valet, Tisbea lancer aux flots de la mer les plaintes ampoulées de son amour trahi. Le séducteur gagne donc à la hâte Séville, où Ta précédé la nouvelle de son aventure en Italie. Son père on a été informé par une lettre de don Pedro. Le roi, également averti, s'avise de réparer le mal par le mariage de Don Juan avec la duchesse Isabela. En attendant, le coupable s'en ira expier quelque temps son inconduite dans l'exil de Lebriga. Quant à doua Ana elle trouvera une compensation dans une union avec le duc Octavio qui arrive lui-même fort à point pour remplacer le mari qu'elle perd.
Mais doua Ana a déjà une intrigue avec son cousin le marquis de la Mola. Celui-ci, rencontrant Don Juan, son ancien compagnon de plaisirs, se laisse aller à lui parler de ses amours et lui confie qu'il a le soir même rendez-vous avec la jeune fille. Voilà Don Juan aussitôt pris du désir de renouveler l'aventure qui lui a si bien réussi à Xaples. Il songe aux moyens de mener à bonne fin l'entreprise, quand il rencontre son père qui lui adresse de sévères reproches, et le menace, s'il ne s'amende, du courroux céleste. Cette admonestation ne l'empêche pas d'exécuter son amoureux projet. Il pénètre dans l'appartement de doua Ana; mais il en ressort presque aussitôt, poursuivi par la jeune fille qui a découvert la trahison. Le commandeur accourt aux cris de sa fille et tente en vain d'arrêter le ravisseur. Don Juan le perce de son épée et s'enfuit accompagné des imprécations du vieillard expirant. Le tumulte attire sur la place le vieux Tenorio et le roi qui. rencontrant le marquis de la Mota, le prennent pour le coupable et l'arrêtent.
Pendant ce temps Don Juan se rend à Lebriga où la vue d'une noce champêtre lui a vite fait oublier cette sanglante aventure. La grâce rustique d'Aminta en habits de fête, la pensée du bonheur que son époux va bientôt goûter auprès d'elle, excitent les désirs du galant. Il courtise la jeune épousée et jette déjà le trouble dans son cœur. Pour se débarrasser du mari, il imagine d'alarmer son honneur en feignant d'avoir sur sa femme des droits antérieurs. Quant au père, il le prend aisément par la vanité en
lui demandant la main de sa fille. Pendant que celle-ci, inquiète et hésitante, attend son véritable époux, Don Juan fait déjà préparer, malgré les conseils de Catalinon, les chevaux qui devront l'emporter dès le lendemain. Puis il pénétre dans la chambre de la jeune femme. Celle-ci, effrayée d'abord, se rend assez vite, quand le perfide lui fait le serment solennel de l'épouser.
Cette trahison sera la dernière. Déjà de tous cotés les victimes viennent demander justice. Isabela, arrivée de Naples, amène avec elle Tisbea qu'elle a rencontrée sur sa route et qui lui a fait le douloureux récit de sa séduction. Don Juan, Lui-même, entraîné par sa destinée, vient au devant du supplice que le ciel lui réserve. Il est retourné à Séville comme le meurtrier at tinvers le lieu de son crime. Autour de lui s'amoncellent les signes précurseurs du châtiment. Mais il brave le danger, et après avoir outragé les vivants, il va provoquer les morts. Ses pas le conduisent vers une chapelle qui contient le tombeau du commandeur d'Ulloa. Il lit l'épitaphe gravée sur le piédestal :
ICI LE PLUS LOYAL CHEYALILR ATTEND DE DIEU QU'IL LE VENGE D'UN TRAITRE '.
Cette épithète l'indigne. Il tire la barbe de la statue et l'invite ironiquement à souper, en lui promettant ensuite satisfaction l'épée à la main. Rentré dans son hôtellerie, il se met à table quand on frappe à la porte. Un valet qui est allé ouvrir revient en claquant des dents sans pouvoir parler. Don Juan a compris, et sa colère contre le laquais décèle l'émotion qui l'envahit sans qu'il veuille se l'avouer. Il envoie Catalinon qui, lui aussi, a deviné quel hôte mystérieux demande à entrer. Malgré lui. il va à la porte, mais rentre aussitôt en courant et tombe d'effroi. Des mots inarticulés sortent de sa bouche, il ne peut dire ce qu'il a vu : « Là-bas, là-bas,... j'ai vu.... quand j'y fus.... Oui est-ce qui me brûle? Oui est-ce qui me déchire?... J'arrivais; [>ui^