I . Aqui aguarda dol Senor
Kl mâs leal caballero
La vcn^aiiza do un traidor. III- 10.)
aveuglé... quand je le vis, j'en jure Dieu.... Je lui dis : Oui êlesvous? Il répondit alors.... Je le heurtai cl je vis.... — Don Juan : Qui? — C. Je ne sais l. »
Don Juan prend la lumière et va voir. Devant lui se dresse la statue du commandeur. Il fait un pas en arrière, tire son épée et recule lentement devant la statue qui avance. Bientôt il reprend possession de lui-même et invite le commandeur à s'asseoir. Il fait jouer de la musique et chanter, se forçant à paraître insouciant et gai, jusqu'au moment où la statue, d'abord silencieuse, fait signe qu'elle veut rester seule avec son hôte. Alors Don Juan ne dissimule plus son trouble. Il adresse au mort des questions inquiètes où l'angoisse de la vie future se trahit. Sans répondre, la statue l'invite à venir souper le lendemain dans sa chapelle. Don Juan donne sa parole de Tenorio, se maîtrisant tant que le commandeur le regarde; mais, la statue partie, sa terreur éclate malgré lui. Son corps est baigné de sueur. Déjà il sent sur lui comme une brûlure de l'enfer. Cependant son orgueil lui fait honte de sa faiblesse. Il se rendra à l'invitation.
En attendant, la vérité commence à se faire jour sur le compte de Don Juan. Octavio a découvert qu'il est le ravisseur d'Isabela, el vient demander au roi la permission de le provoquer. Le vieux Tenorio, qui ignore encore tous les crimes de son fils, relève le défi. Une querelle s'eng-age que le roi apaise. Mais les événements vont servir Octavio : voici Aminta qui vient avec son père réclamer la célébration de son mariage, et Octavio à qui elle s'adresse songe à mettre à profit cette démarche, tandis que le roi hâte l'union d'Isabela avec Don Juan.
La fortune de celui-ci semble un instant se relever; lui-même
Catalinon. — Vide.... Cuando luepo fui....
Quién me ase? Quién me arrebata?
Llcgué, cuando... despues, eiego....
Cuando vi, le juro à Dios....
Hablo y ilifro : quién sois vos?
Respondiô, respondi luego....
Topé y vide....
Don Juan. — A quién?
Catalinon. — N'osé III, 12.)
reprend confiance. Le roi lui a fait bon visage et cette nuil même son mariage doit se conclure. iMais auparavant il faut qu'il se rende à l'invitation du commandeur. Il se trouve en effet dans la chapelle à l'heure dite. La statue l'attend et le fait asseoir à une table noire où des scorpions et des vipères sont servis. Don Juan garde d'abord bonne contenance devant cet appareil macabre; mais des voix qui se font entendre et qui chantent la punition des coupables, commencent à le troubler : l'heure de la vengeance divine est venue. La statue se lève; elle prend la main de Don Juan qu'elle embrase d'un feu infernal. Le héros pousse un dernier cri de menace et saisit son poignard; mais son orgueil enfin brisé s'humilie. La crainte de l'enfer le pénètre. Il veut mourir en état de grâce et demande un prêtre. Il n'est plus temps. La statue l'entraîne; les hommes et le ciel sont satisfaits. Cependant la clameur des victimes retentit encore; elles assiègent toutes ensemble le palais du roi, réclamant justice, lorsque Catalinon arrive et raconte la fin surnaturelle de son maître. Cette mort permet le mariage du duc Octavio avec Isabela et celui du marquis de la Mota avec dona Ana. Quant au laboureur Patricio, il rentre en possession d'Aminta.
En dépit de ce dénouement de comédie qui la termine assez platement, mais qui est conforme à une habitude du théâtre contemporain1, la pièce, après avoir commencé par d'assez banales aventures d'amour, s'achève en un drame religieux d'une grandiose ampleur. C'est surtout par ce contraste entre le fantastique des éléments surnaturels et la vulgarité des événements humains que le Burlador appartient vraiment à un pays où la religion est intimement mêlée à tous les incidents de la vie, où le mystère est partout et la foi au merveilleux plus forte qu'en tout autre lieu 2.