‹ La légende de Jean-Jacques Rousseau rectifiéeChapitre 17 sur 64 · I.i's cinquante derniers caliiers de la collection révèlent · texte numérisé non relu

I.i's cinquante derniers caliiers de la collection révèlent

II lies indices manifestes, que non seulement ils ont été

I II les, mais en grande partie récrits, et d'une écriture illi rente de celle qui, délicate et irrégulière, court uniiniit'ment à travers les pages jaunies des quatre-vingtix premiers cahiers. Ce n'est pas c|ue l'écriture originale is|i;iraisse à la fin du quatre-vingt-dixième cahier, lais- :nil au nouveau venu le soin de poursuivre le récit. Ce iiiimI arrivant est clairement un intrus, qui interrompt

I II irration primitive; celle-ci continuant son cours ii^iilier, sauf aux endroits oii une main plus hardie et niilalc s'ingère, soit dans des passages intercalés, collés m les feuillets du manuscrit pour prendre la place

•mires passages qui, très visiblement, en ont été coupés ;

II ilans de longues notes marginales ; ou dans des lassages écrits en surcharge par-dessus l'écriture plus L'gèrc, (jui est barrée. FA l'intrusion de cette seconde criture accuse toujours une évidente malveillance. Une ois (lu'ellc a pénétre dans le manuscrit, comme un col- )ortcur de mr'disances dans une société d'honnêtes gens, elle main ])i'rlide s'attache désormais à la besogne : emant de (ielleuses anecdotes, commentant par de ;yni(iues réflexions les propos tendres, insérant des cmarques indécentes et blasphématoires dans de spiri-

s dialogues, s'appli(|(iant surtout à dépeindre comme l'hypocrites charlatans et des visionnaires mercenaires, es gens d'un commerce agréable qui nous avaient été

50 LE complot: ses deux organes.

d'abord présentés comme les meilleurs amis de Mme de^ Montbrillant.

Mais c'est tout particulièrement quand René ent dans riiistoire que la malignité de l'intrus devient mant feste. Dès que ce nom paraît, on est sûr de trouver à li suite une interruption de la narration originale; plume calomniatrice se trempe d'encre plus noire, raturé ou surcharge l'écriture délicate et pâle, dont on peut néanmoins saisir par endroits des traces, là où sont imparfaitement effacées des expressions affectueuses oa admiratrices pour René, comme un sourire furtif adressé par Mme d'Epinay à son ancien favori, à travers les barreaux d'une prison.

Le manuscrit des Archives, même pris isolément prouve donc que le portrait de Rousseau et l'exposé de s| conduite envers ses anciens amis, tels qu'on les trouve dans les Mémoii-es édités dont les critiques se sont servis pour rectifier les Confessions, ne sont nullement de la rédaction primitive, de la narration originale de Mme d'Epinay. Mais ce portrait de k René », qui correspond si exactement au portrait de iartilicicux Jean- Jacques par tirimm et Diderot, est-il même de Mme il'E pinay',' et s'il n'est pas d'elle, qui donc en fut le véritiililc auteur"? Cette question, l'examen attentif du manuscrit de l'Arsenal va la résoudre.

Le manuscrit dit /lisloirc de Madmnc de llamhure, fragment d'un roman inédit', se compose des çiiaranle quatre cahiers restants de la narration, et d'une collection de vieux cahiers et feuillets détachés. Parmi ces derniers se trouve une série de notes jetées sur des bouts de pajjier, (|ui sont, comme nous le verrons, d'une grandi importance. Les cahiers de l'Arsenal ne révèlent pas lealléralions du récit original d une manière si Irappanli

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