Très exact
0 la Défense nationale accepta plus tard, seulement lors il n'y avait plus d'armée française. Il était né-
-saire de soumettre cette proposition à l'Impéra- •ice, le général Boyer se rendit en Angleterre dans
tte intention ; mais il emporta avec lui, comme il en vait prévenu Bismarck, la stipulation expresse que le hef de Metz resterait en dehors de toute complication olitique, et n'accepterait aucune délégation pour iuner un traité impliquant des questions étrangères
l'armée.
La mission de Boyer n'avait donc d'autre but que lo dégager l'armée de la situation où elle se trouvait ^t de la conserver à la France.
La négociation fut reconnue impraticable, et il ne esta plus que la question militaire.
Telle fut l'histoire de la « trahison » de Bazaine.
S'il y avait eu conspiration, les complices de Bazaine étaient des maréchaux de France, des commanlants de corps d'armée, dont pas un ne fut blâmé pour sa conduite, et dont la plupart obtinrent plus tard de grands commandements sous la République.
L'officier qui dressa contre Bazaine l'acte d'accusation avait servi sous ses ordres. Le ministre de la guerre qui signa l'ordre de réunir son conseil de guerre, et qui eût signé l'ordre de son exécution si la sentence avait été exécutée, avait servi d'intermédiaire dans la négociation de la capitulation pour laquelle son ancien chef était mis en jugement. Si Bazaine
avait été mis à mort, il aurait pu arriver qu'un de ses complices, dans sa nouvelle position comme gouverneur de Paris, fût obligé de désigner dans son commandement le peloton d'exécution *.
Mais ce qui fut peut-être le côté grotesque, le plus hideux de cette cruelle tragédie de l'injustice humaine, c'est que la peine fût commuée grâce à la clémence d'un homme qui avait conduit lui-même une autre armée française dans une position telle, qu'elle avait dû capituler en rase campagne. La récompense de cet exploit avait été son élévation à la présidence de la République ^.
Le procès de Bazaine fut simplement un complot, destiné à apaiser la fureur de la France en lui jetant une victime, qu'il lui fût permis seulement de mâchonner, sans la déchirer tout à fait.
Bazaine fut accusé d'avoir capitulé en rase campagne, ce qu'il n"a pas fait, comme en témoignent suffisamment les ouvrages en terre des Allemands qui subsistent encore autour de Metz. Mais cette accusation contre lui a été formulée, parce que le code militaire
1. Les deux ministres de la guerre, de Cissey et du BaraiL avaient été sous mes ordres à Metz, ainsi que le commandant de la l'c éi vision militaire, gouverneur de Paris, qui nomma les juges, le conseil de guerre.
Ils étaient donc juges et parties, puis orléanistes.
2. Le maréchal avait été également sous mes ordres à l'armée du Rhin.
L'histoire de tous les peuples présente-t-elle une pareille parodie de la justice?
rançais prescrit la mort, sans permettre au Conseil ;e guerre aucune atténuation, lorsque la sentence 'applique à un commandant en chef qui s'est rendu n rase campagne. Ceci simplifiait les choses; mais B Conseil de guerre n'a pu se décider à prononcer on verdict de culpabilité sans stipuler que la senence résultant de ce verdict ne serait pas mise à xécution. Je cite, pour terminer cet article, les paoles que M. le duc d'Aumale a écrites dans ce ens:
« Le maréchal Bazaine a pris et exercé le commandement le l'armée du Rhin au milieu de difficultés inouïes; il l'est responsable ni du désastreux début de la campagne, li du choix des lignes d'opération. Il était toujours là où es boulets pleuvaient le plus. Dans tous les combats, il fut 2 plus brave des braves, et le 16 août, son courage personlel et son indomptable résolution sauvèrent la journée. Considérez l'état des services de l'engagé volontaire de 831, comptez les campagnes, les blessures, les actions l'éclat qui lui ont mérité le bâton de maréchal de France. »
Alors, le président du Conseil de guerre, un offiier qui n'avait pas servi durant la campagne, — icrivit au ministre de la Guerre, du Président de la lépublique, qui avait fait lui-même, sauf les détails echniques, tout ce qui valut à Bazaine sa condamnaion :
Ne faites pas fusiller cet homme conformément à lotre sentence, mais chassez-le dans le désert, em-
portant au loin avec lui le courroux de la France et la responsabilité de toutes nos fautes*.
J'ai cru devoir reproduire la lettre à laquelle M. Archibald Forbes fait allusion, lettre adressée au ministre de la Guerre par le Président et les juges ;
Monsieur le Ministre,
Le Conseil de guerre vient de rendre son jugement contre' M. le maréchal Bazaine.
Jurés, nous avons résolu les questions qui nous étaient posées, en n'écoutani que la voix de notre conscience. Nous
1. Cet exposé est lucide et franc pour qui aura la bonne foi d'avouer que l'opinion a été égarée :
Puis, comme on dit toujours, on ne savait pas.
Les plus coupables sont les généraux qui se sont joints aux détracteurs, pour se faire amnistier de leurs propres fautes pendant cette malheureuse campagne.
Ainsi on prête à l'un d'eux cette réflexion : « Ma foi, je ne veux pas perdre ma place. »
Ils étaient nombreux de cette école : « Chacun pour soi, Dieu pour tous ».
Quant aux combinaisons de tactique qui auraient pu être tentées, l'initiative appartient à la pensée de l'auteur; et, dans ce cas, il est toujours facile, après dix ans écoulés, d'otfrir telle ou telle solution pour sortir d'une fâcheuse situation et l'on ne tient pas assez compte de l'état moral et physique des troupes à l'époque citée.
Il n'en est pas de même de l'esprit de tendance, dans lequel ont été dirigés l'Enquête, puis le Conseil de guerre.
On a voulu voir en moi un ambitieux, voulant s'imposer à la France au détriment de MM. Gambetta et consorts.
Voilà, dans sa brutalité , le but de ma mise en jugement :
Je gênais.
'avons pas h revenir sur le long débat qui nous a éclairés.
Dieu seul nous devons compte des motifsde noire décision.
Juges, nous avons dû appliquer une loi inQexible et qui 'admet pas qu'aucune circonstance puisse atténuer un crime ontre le devoir militaire.
Mais ces circonstances que la loi nous défendait d'invouer, en rendant notre verdict, nous avons le droit de vous
s indiquer.
Nous vous rappellerons que le maréchal Bazaine a pris et xercé le commandement de l'armée du Rhin au milieu de lifficultés inouïes, qu'il n'est responsable ni du désastreux lébut de la campagne, ni du choix des lignes d'opérations.
Nous vous rappellerons qu'au feu, il s'est retrouvé luimême; qu'à Borny, à Gravelotte, à Noisseville, nul ne l'a lurpassé en vaillance, et que, le 16 août, il a, par la fermeté ie son attitude, maintenu le centre de sa ligne de bataille.
Considérez l'état des services de l'engagé volontaire de 1831 ; comptez les campagnes, les blessures, les actions i'éclat qui lui ont mérité le bâton de maréchal de Fi-ance.
Songez à la longue détention qu'il vient de subir; songez i ce supplice de deux mois pendant lesquels il a entendu ;haque jour discuter son honneur devant lui, et vous vous mirez à nous pour prier le présidentde la République de ne )as laisser exécuter la sentence que nous venons deprononcer.
Recevez, Monsieur le Ministre, l'assurance de notre respect.
Le Président, h. d'orléans.
Les Juges : Général de la motterouge.
Général baron de chabaud la todb.
Général j. tripier.
Général princeteao.
Général ressayre.
Général de malroy.