‹ La légende de MoïnaChapitre 1 sur 5 · TOURS MAISON ALFRED MAME ET FILS · texte numérisé non relu

TOURS MAISON ALFRED MAME ET FILS

3IBLIOTHECA

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LA

LA BATAILLE DE SIATA HORATA

« Parle, Moïna! Interroge l'esprit du Puissant. Qu'annoncent les pierres de Log Mor? »

Ainsi disait le druide Mab Tan, le front penché, sous sa couronne de chêne, vers une jeune fille vêtue de blanc.

Immobile, les yeux fixes, le corps d'une raideur cataleptique, celle à qui s'adressait le vieillard paraissait ne rien voir, ne rien entendre. Sa bouche fermée ne proférait aucun son. On l'eût prise pour une statue de marbre, dressée sur la pointe du rocher, près

de la longue table du dolmen où s'appuyait sa taille juvénile.

Autour d'eux, le paysage était d'une grandiose horreur. Le bloc qui leur servait de support dominait à peine la mer d'une douzaine de coudées, dominé lui-même par un tumulus gigantesque. Les flots venaient mourir au pied en lames courtes et caressantes, et l'immensité de l'Océan s'étendait au delà, laissant surgir de son sein deux masses rocheuses voilées par la brume. Au couchant, une bande de terre étroite bornait l'horizon, et tout au bout une île se profilait, à peine distincte, malgré l'éclat du soleil de mai qui poudrait d'or ses longues plages.

A l'orient, une forêt, vêtue de ses premières feuilles, livrait à la brise ses cimes d'un vert sombre, mêlées de chêne et de pins.

Derrière eux, c'était la « petite mer », le « Morbihan », avec ses îles nombreuses, les unes pareilles à des rochers pelés par le vent du large, les autres toutes vertes sous leur jeune feuillage, du milieu duquel émergeaient les toits coniques des rustiques demeures.

Le vieillard implorait la réponse à sa question. Elle se faisait attendre. La vierge n'avait point encore reçu le souffle prophétique. Ses prunelles immobiles restaient fixées sur le glauque Océan.

Et Mab Tân, le « fils du Feu », pressait

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