‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 18 sur 60 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

UNO autre tour faisoit-il bien souvent : Quant en sa bource il n'avoit que du vent, Et qu'il n^avoit 0 luy denier'ne maille,

Ne liiy servoit ne rime ne rimaille :

Ses bcaulx parler, son glorieux qiiacqaet,

Lors n'eussent sceu Iny servir d'un bancquet

Pour desjeuner ; bien advisoitle temps

Que l'heure estoit, sans noyses ou contends,

Sa mère aller à l'esglise, à la messe,

Quant elle orrait sonner à la parroisse.

Or s'en allait le vaillant chresîien

Sonner la cloche à monsieur sainct Julien,

Où n'y avoit nul prebstre qui chanter

Eust nul vouloir; mais, pour mieulx l'enchanter,

Faisait le guect : quant venait d'un causté.

D'un autre allait, non pas trop desgausté,

Incontinent en l'hostel se fourrer,

Où bien sçavait son hocqueton fourrer,

Acompalgné de plusieurs vaillans gens,

Qiii d'un denier souvent n'estaient regens.

Si à l'hostel y avoit de ban vin.

Croire bien fault qu'au service divin

Ne le mettaient, mais lay tyroienî l'aureille.

Puis emportaient chascnn une bouteille

Pour le disner, aussi mainte autre bribbe.

Contre son veuil serviteur ne regibbe.

Car il les eust bien à son gré frottez.

Et hors l'hostel fort saubdain fait trotter.

40 LALEGENDE

Comment sa mère luy ferma !a cave, et comment il s'en vengea.

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