‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 20 sur 60 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ÎL y avoit, en la ville d'Angers, Ung lorpidum, qui par tout sans dangers Se transportait, si bien je la denotte : Elle avait nom Macée la devotte.

Or est ainsi que souvent gouvernait La dicte mère, et si la subornait A menacer son filz, et le reprendre De ses malfaitz. Dancques il fault comprendre Que le mignon n'en estait pas content.

Car bien souvent il la irouvoit contant

Avec sa mère, et luy faire rapport

De ses follyes, dont perdait son support.

Par son moien, et par telle raison

Qu'il ne s'osoit trouver en la maison.

Advint un jour, sans faire grant quacquet,

Que le galland s'accrocha au pacquet

Où se pendaient les clefz de ceste vieille;

Subtillement, que ce fut grant merveille,

Ce temps pendant qu'à sa mère comptait

Ses fascheries, et ses faitz racomptoit :

Et luy rabba la clef de l'huys devant

De son logis. Puis, luy, saubdain devant

S'en va quérir unefdle de joye

Secrettement, sans que nully la voye,

Et la posa, si bien je me remembre,

En l'enfermant toute seulle en la chambre

De la vieille, et là fist en tell' sorte

Que rapporter à ung chascun s'assorte,

Que pour certain la vieille luy a mise

Pour la livrer à qui ell' l'a promise

Pour son plaisir, comme vraye macquerelle.

Or, pour suyvir mon dit et ma querelle.

Le mistaudin, pour parfaire son cas.

Ne demande procureurs n'advocatz

A raporter celuy fait à sa mère;

Mais il s'en vint, faignant douleur amere

{Or touîesfois après qu'il eut rendue Subtillement, et tresbien rependue, A la vieille, sa clef à son costé).

Il a parlé, comme tout desgousté.

En regardant la vieille de travers; Il dist ainsi : « Ma mère, à l'envers Est vostre esprit de croire à ceste vieille. Qui à tout mal songer nuyt et jour veille. Qu'il ne soit vray, ma teste soit hachée, Sy maintenant chez elle n'est caschée Quelque putain, qu'ell'garde à quelque moine. Je vous supply, sy vous n'avez essoine. Allez y voir, sy que je n'en soys creu : S'il n'est ainsi, je suys tins pour recreu. » La povre vieille estoit de son faict seure. Ce luy semblait; par quoy fort elle asseure A la Faifeiie, et bien fort la requiert Y aller veoir, aultres choses ne quiert. Ce qui fut faict, mais bien fut estonnée. Quant y trouva ceste fille atournée.

Qui affermait pour vray, comme dessus.

Dont pour finir, et venir au parsus De ce conte, la povre seur Macée, De la maison ell' fut bien desmacée, Et oncques puis ne s'y ousa trouver.

Voez là que c'est que de faulx controuver.

Comment il joua publicquement ung boullenger qui avoit faict ung enfant à sa chamberiere.

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