‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 21 sur 60 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

UNO boultenger^ en la ville d'Angers, Ne craignit point à se mettre es dangers, Ung jour que fut prier sa chamberiere Faire cela, non obstant qu'eust en bière Ou en cousche sa femme en sa maison; Et la fillette, où n'avait grant raison. Mais simple estoit, le voullust bien souffrir. Ce moyennant qu'il se voullust offrir Que ce serait par nom de mariage, Quar elle avoit comprins„ en son couraige. Par ouyr dire à sa mère aultresfoys, Qu'en ce faisant on acquiert maintesfois Femme ou mary, dont elle fut contente.

Le boullenger consent bien son entente.

Et le luy fist par nom de mariage.

Mais il sourvint ung aultre quariage, Quar la fillette eut soubdain ung enfant; Le boullenger, nonobstant, luy deffend Ne le dire, mais tout soubdain fut sceu Par la ville; et lors Pierre Faifeu,

Qui pour présent estait de la Bazoche,

Ne le garde, mais tost le met en broche;

Cary pour certain, à karesme prenant,

Luy qui n'estoit defollyes apprenant.

Mais maistre en chef, et du corps bien dispost,

Des gaudisseurs le principal suppost.

Pour mieulx jouer, à la vraye vérité,

Le cas qui est cy dessus récité.

En une charte, ou en ung tombereau.

Il fist mettre ung cuvier tout plain d'eau.

Et s'y pousa tout nud o une fdle,

Et charyer se fist parmy la ville :

Pour mieulx donner entendre le bagaige,

L' allait faisant par nom de mariage.

Ainsy joua le cas à bon escient.

Dont fut congneu que pas trop n'est scient.

Mais, pour finer, que le faict ne desguise :

Soubdain fut sceu des suppostz de l'église.

Qui en firent faire information,

Pour, à ban droict, par refarmatian,

Pugnir le cas, qui estait ung peu creu :

Plus n'en diray, quar pas n'en serais creu.

Comment ung jour qu'il estoit à Paris il joua aux detz avecque les clercs de la Court, qui le pipèrent.

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