‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 40 sur 60 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

BIEN avez veu, faisant ces tours et saultz. Que par Fortune aroit souvent assauliz.

Par cy-devant, mais ung tour de sa ro'é Depuis ce temps eut, luy faisant la mo'é : Car, comme allait en maint pays à l'eshat. Elle luy joua ung tour de son rabbat : Car, luy estant au beau pays de Touraine, Et s'esbatanîfaire mainte fredaine, Et jeux joyeux, son argent tout perdit; Dont son esprit quasi s'en esperdit.

Or, ce voyant, fallut vuyder la place, Pour en chercher : tout souhdain se desplace, Et par Chasteaulx en Anjou print chemin; Dont vous verrez en charte ou parchemin Le tour qu'il fist en une hostellerie : Nul ne l'orra qui de bon cueur ne rye. Voyant qu'il n'a dont payer son escot.

Sans le conseil de Bede ou de Lescot, Il s'advisa marchant se contrefaire De gras pourceaulx, et, pour mieulx son cas faire,

Quant arriva, à Phosîesse il a dit Que bien soubdain, sans aucun contredit, On espandist force bledrou aveine Emmy la cour, pour pourccaulx qu'on ameine Bien ung millier, dont il se dit marchant. Ce qui fut fait, mais ne fut si meschant Que cependant n'ayt bien sa repeuë prinse. Et son cheval; puis, sans autre reprinse, Quant eut disné, semble Iny ennuyer Qii'ilz ne venaient; donc, pour desennuyer, Il fist semblant vouloir aller encontre Sur son cheval, que soubdain il rencontre Enharnasché, car nully ne doubtoiî Que fust Faifeu, mais pour vray ce Vcstoit, Qui s'en alla sans payer sa despence.

Car pas n'avoit le denier; mais je pense. S'il en eust eu, voulentiers eust poyé: Quant en avoii, tout estoit desployé.

L'hoste s'attend avoir des pourceaulx houstes , Mais les avoir fust encore aux escouttes. Et si fallut tout son bled reserrer Le lendemain, dont en eust d'enserrer.

Ainsi Faifeu leur monstra de ses gestes. Esprit subtil à besoing vault Digestes.

Comment il dansa une morisque en une chemise glacée.

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