‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 43 sur 60 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

UNG chascun sçaitqa'oncques n^eut convoitise Biens amasser , mais bienpensoit la guyse, Quand n'en avoit, sonbdain en recouvrer. Or chez la tante, ung soir, se va trouver, Où a trouvé ung coffre ou une huge.

Tout descouvert : ne craignant roy ou juge, Aussi pensant, comme tresbien apprins.

Qu'il est son hoir, car de l'argent a prias, Qu'y a trouvé, pour passer son affaire; Mais, pour bien mieulx de tel cas se défaire. Qu'on ne doubtast que fust luy, un regnard Dedans posa, enferma, eu esgard Qu'on penseroit que fust diable ou diablesse. Ou quelque esprit qui souvent les gens blesse : Ce que fut vray, car nul n'osoit toucher Au predict coffre, et en rien approcher. Mais, quelque jour, Faifeu s'y est trouvé Tout à propos, qui le fait aprouvé Leur a rendu : car soubdain on luy conte Le cas predict, dont il ne tint grant compte:

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Car tout soubdain, comme prompt et hardy. Je ne sçay pas si ce fut au mardy.

Mais toutesfois de la journée ne chaille. Il print la clef, sans faire grant bataille. Le coffre ouvrit^ d'ond saillit le regnard Si tressoubdain que nul n'eut point d'esgard A ce qu'estoit^ mais faisait grant tempeste. Et ne sçavoient si c' estait diable ou beste. Au. coffre on quist, mais l'argent n'y fut plus. Donc, pour conclure, et venir au surplus, Rien on ne sceut de Faifeu la finesse. De ce propos pour venir à fin esse.

Comment, pour quelque follietterie , ne se osoit trouver chez sa mère, et comment à un soupper il se y trouva.

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