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ses desseins, inspira au jeune prince la pensée d’équiper un
navire et d’aller rejoindre Ursule et ses compagnes.
L’amour ne connait pas d’obstacles : 4 sa flamme, les dif-
ficultés disparaissent comme la neige aux regards du soleil.
S’arrachant aux reproches des courtisans, aux larmes de
ses fidéles sujets, il part enflammé d’une joie toute nouvelle.
Démétria sa mére, Florentine sa sceur, et quelques
jeunes princes ses plus intimes confidents, l’accompagnent.
Comme l’alcyon fend les mers, ainsi le navire vole sur les
eaux: chaque mat qu’il découvre altire ses regards: il croit 9 Oo ?
toujours voir son Ursule, comme la plus belle reine des
mers, commander aux flots et dicter ses ordres aux vents.
Les nuits surprennent l’amant sans sommeil.
— 0 vous, dit-il aux étoiles, 6 vous gui brillez d’un éclat
si pur et si doux dans la plaine des cieux, dites-moi si ma
bien-aimée veille et pense & moi? Dites-moi si la plus belle
des belles a déposé sur quelque fleur ses lévres parfumées,
afin que j’aille y reposer les miennes!: Indiquez-moi l’eau
du torrent ou elle a calmé sa soif, afin que j’apaise de cette
eau vive la flamme qui me dévore! Kmportez sur l’aile
de vos purs rayons Jes yeeux de mon amour, et diles 4’ma
jeune fiancée que son amant languit; qu'il lui faut la lu-
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miére de ses yeux, le sourire de ses lévres, les charmes
de sa beauté, la vie de son cceur !
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C’est ainsi que soupirait Conan, encore infidéle, deman-
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dant au ciel, 4 la mer, de lui parler de l’objet de son amour,
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quand le navire entra dans le Wahal, suivant, sans le savoir,
la méme route que naguére Ursule avait tracée.
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Un vent intelligent le fait passer devant Thiel et Colonia j rRarattite les Alpes |
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Ageripina sans |’y arréter. Ce n’est qu’a Maguntiacum que io Tava
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le navire se dirige vers le port (32).
La cité celtique, enfantée a la foi par Crescens, disciple de
saint Pierre, florissait au troisiéme siécle par ses richesses,
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sa piété et sa constance dans les épreuves; aussi faisait-elle
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la joie et la gloire des Kglises de Germanie. Ruthére, son saint
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évéque, continuait cette belle chaine d’apdtres, hardis con-
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fesseurs de la fol.
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Dieu lui réservait d’étre le témoin de grands prodiges, et oD ?
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de coopérer au salut du prince des Pictes. Retour & Cologne. massacre -
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Prévenu de l’arrivée du jeune roi breton, Ruthére s’avance
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dla léte de son Eglise jusqu’au port. En attendant le débar-
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quement, le vénérable prélat éléve son dme vers Dieu, et lui
demande de toucher le cceur de ce prince infidéle; de le pré-
parer ala nouvelle qui pouvait briser son courage, endurcir
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