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lasse pas d’admirer ces touchantes et gracieuses images, dans des tableaux achevés, comme le furent dans la suite ceux des Weris et des Gerard Dow, parfaites miniatures, et cependant vigoureusement peintes, pleines de mouvement, de chaleur et de sentiment. » (Introd., p. VIL.)
Pierre Poerbus, au témoignage de Van Wander, se plaisait 4 regarder et 4 étudier ce chefd’ceuvre immortel chaque fois qu’il en avait l’occasion, et il ne se lassait jamais de l’'admirer.
Voici comment s’exprime le biographe de Memling dans I’ Histoire des peintres, au sujet de la chasse de Bruges : « Jamais ceuvre plus délicate, plus poétique, n’a enthousiasmé graduellement les connaisseurs. » Puis, étudiant les ceuvres en général du peimtre brugeois : « Le gout, le sentiment exquis de Memling s’appliquaient 4 la nature aussi bien qu’a homme. La lumiére prenait parfois sous son pinceau des tons d’or que n’a pas éclipsés Claude Lorrain; ses eaux profondes et transparentes, ses gazons étoilés de fleurs, ses bois touffus, pleins d’ombres mystérieuses, ses beaux ciels d’azur, 4 peine voilés d’une brume légere, le mettent au niveau des maitres hollandais. Les images qu’il trace de la nature font souvent réver plus que la nature elle-méme. Le génie lui a communiqué une grace secrete et un prestige idéal. L’wuvre de Memling prouve que la nature lui avait donné un esprit gracieux, une imagination délicate, un sentiment élevé de toutes choses *. »
La chasse de Bruges, représentant la vie de sainte Ursule et son apothéose, est composée de deux grands panneaux contenant six tableaux de l’histoire; les deux panneaux d’en haut, formant toit, et les deux qui ornent les pignons, représentent en quatre tableaux l’apothéose.
La chasse de sainte Ursule est en bois sculpté, entitrement doré, sauf les endroits que décorent les peintures.
ISRAEL VAN MECKENEN, 1450. — (Sainte Ursvie DEMANDEE EN MARIAGE, —
MARIAGE DE SAINTE UrsuLe. )
« Ces tableaux, peints sur toile, au quinziéme siccle, par Israél van Meckenen, sont deux remarquables productions de l’école de Cologne, école dont les ceuvres sont si rares et si peu connues en France. Ils représentent deux épisodes de l'histoire de sainte Ursule : le premier a pour motif la demande en mariage; le second, le mariage de la sainte et Conian Mériadec partant pour aller la rejoindre ; les figures ont une tournure remarquable de gravité; dans le fond, on voit figurer les dressoirs chargés d’orfévrerie et de vaisselles d’or et dargent ?. »
Nous ajouterons que ces tableaux se trouvent au musée de Cluny, 4 Paris. Quant a l’au-
thenticité du peintre désigné par Dusommerard, elle a été contestée sans raisons valables.
' Alfred Michiels, Hisloire des Peintres Flamands. — Memling. * Dusommerard, les Arts au Moyen age, t. V, p. 119. — Atlas, ch. vi, pl. VI. — Album, 6° série, plays
VITTORE CARPACCIO, 14935-1522. — (Biocrarnie pe satnre Ursute.)
«Ce peintre vénitien, dit M. Michiels dans sa remarquable étude sur la Peinture au moyen dge, disputa, dans mainte circonstance, 4 Jean Bellini l’approbation publique. Il lutta également contre Louis Vivarini. Quoique la cité des doges leit vu naitre, il brillait par la pureté du dessin, par la science de la perspective linéaire, par la composition et l’invention plutét que par la finesse ou l’ opulence de la couleur. Il ne savait pas tirer de sa palette ces tons suaves ou ardents qui égalent, surpassent méme les teintes des objets naturels ; mais on admire chez lui tous les autres dons des grands artistes. Il aimait, comme nous l’avons dit, la forme épique, les séries de tableaux développant les circonstances d’un fait emprunté a l'histoire, les divers épisodes d'une légende. Il ordonnait parfaitement ces cycles narratifs, et, comme Jean Memling, aurait été un habile conteur, siun penchant supréme ne l’ett entrainé vers la peinture, Aussi les ceuvres de Carpaccio agissaient-elles vivement sur les imaginations populaires. Zanetti raconte, dans son Histoire des peintres vénitiens, qu'il se placait souvent au fond de la chapelle o& Vingénieux dessinateur avait retracé la biographie de sainte Ursule. La, il prenait plaisir 4 observer les bonnes gens qui venaient adorer la sainte. Lorsque, aprés une courte priére, ou pendant la priére méme, leurs regards tombaient sur les pieuses images, ils restaient en suspens ct tout émerveillés, trahissant malgré eux I’émotion qui les agitait. Ces tableaux ornent, maintenant, 4 Venise, |’Académie des Beaux-Arts, et un écrivain judicieux les regarde comme aussi parfaits que les ouvrages des plus grands maitres. Carpaccio travailla depuis l'année 1493 jusqu’é l'année 1522. Sur la fin de ses jours, il abandonna un peu la forme légendaire et peignit, de préférence, des scénes qui n’avaient pas besoin de compléments. [] mourut sans avoir subi de décadence. Ridolfi termine la notice qu'il lui a consacrée par cette phrase poétique : « Ses concitoyens le pleurcrent, tandis quil souriait dans les chambres fortunées du ciel’. »
M. Charles Blane, dans ses Notes aw crayon de Paris @ Venise, 1857, nous a légué une description pleine de charme des dix tableaux relatifs 4 la légende de sainte Ursule. Selon ce critique, Carpaccio est le Memling de Venise; il lui parait bien supérieur 4 Jean Bellini.
HEURES D’ANNE DE BRETAGNE. — Quinzitme stécee.
Le manuscrit connu sous le nom des Heures d’ Anne de Bretagne est un des livres les plus
Le Moyen age et la Renaissance, fol. xx1. — Voir Vappréciation de ces tableaux par le comte d Agincourt dans son ouvrage intitulé ; Histoire de VArt par les monuments, t. II, p. 153, édit. 1825, in-fol.
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