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prétee plus parfaitement par quelque peintre, pas méme par le grand Raphaél. Quelles sont ravissantes ces suaves figures d’anges! Ces étres ne peuvent étre que des habitants du ciel. Les tétes d’homme sont plutot des portraits, mais les modéles ont été choisis.
Les costumes, les armes, les couronnes et autres objets portent le cachet d’une grande magnificence ; le coloris n’est pas moins riche. Ce n’est qu’exceptionnellement qu’on représente des types grotesques ou des formes vulgaires. Les hommes laissent lire sur leur physionomie la vigneur et la loyauté.
Au chef-d’ceuvre de la cathédrale de Cologne ont succédé bien des ceuvres remarquables, mais aucun ouvrage n’a pu atteindre celui du maitre.
Ce n’est guére qu’aprés le seiziéme siécle que les peintres ont commencé a signer leurs ceuvres. Dans notre collection se trouvait un tableau avec le monogramme d’Israél Van Meckenen, qui mourut en 1503. Nous citons d’autant plus volontiers ce fait qu’aucun tableaux authentique de ce maitre n’est encore connu, ce qui a fait croire qu'il n’avait jamais peint; c’est ainsi qu’on a réduit le mérite d'un grand peintre a celui d’un habile dessinateur et graveur sur cuivre.
Ce que nous pouyons assurer, c’est qu'on connait aujourd’hui les tableaux exécutés avec tant de pureté par Bartholomeus de Bruyn qui mourut en 1554. Le peintre Georges Geldorp, mort en 1618, a laissé quantité de tableaux qui portent son monogramme; il en est de méme de Franz Kesler, son éléve, mort en 1617, et de nombre d'autres qui leur succédérent.
STEPHAN LOCKNER, 1410. — (Aporarion pes Maces.)
Une des plus grandes gloires de I’école colonaise fut maitre Wilhelm ou Guillaume, que les chroniques locales citent dés l'année 1360. Son plus brillant disciple fut maitre Stephan ou Etienne, l'auteur présumé du céléebre triptyque qui décore la cathédrale de Cologne. Cet artiste nous a laissé un des plus beaux souvenirs de l’art sur la sainte qui illustra sa patrie.
Nous cédons la parole au baron Keverberg :
« Examinons le tableau célébre qui existe dans la cathédrale de Cologne, et que tous les suffrages réunis proclament le chef-d’ cuvre par excellence de toutes les écoles cisalpines antérieures 4 l’époque de la régénération de la peinture. Le savant Wallraf, dont le zéle infatigable a rendu de si grands services 4 l’histoire de l'art, surtout a celle de l’ancienne école colonaise, nous a donné une description trés-détaillée de ce tableau, et des notices curieuses sur son origine.
« Cette grande composition est divisée en cing tableaux. Celui du milieu représente Adoration des Mages; le volet de gauche Saint Géréon, celui de droite Sainte Ursule.
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APPENDICKE. 169
Extérieurement on voit, d’un cdté, le messager céleste, et de l’autre la Vierge recevant le divin message. -
« Le volet de gauche représente le guerrier saint Géréon qui périt pour la foi sous le régne du farouche Maximien. Il tient dans sa main droite l’étendard sacré : ses généreux compagnons suivent ses pas; les armures éclatantes dont tous sont revétus contrastent admirahlement avec le groupe de belles et nobles vierges dont le volet droit nous retrace les images.
« C’est sainte Ursule et ses charmantes compagnes que nous y contemplons avec attendrissement, Elle a la fléche fatale dans ses mains; 4 cdté d’elle nous voyons son céleste époux, ce généreux Ethérée que le martyre seulement devait wnir A sa chaste amante. Le cortége de sainte Ursule se compose d’une multitude de pieuses vierges, dont la douceur et les graces relevent la beauté. Des crosses et des mitres, dans l’arriére-plan, ajoutent encore a la noblesse de cette touchante composition,
« Géréon et Ursule conduisent leurs cohortes vers le tableau principal, ou les mages adorent l’Eternel. Tout nous y raméne a notre tour: il en résulte une unité dans l'ensemble de cette vaste composition, qui fait éminemment honneur au peintre, et qui retrace en méme temps la gloire d’une ville a laquelle se rattachent et ou se concentrent tant de grands souvenirs.
« Ce beau tableau, mal conseryé et caché pendant les premieres années des guerres de la Révolution, a été parfaitement restauré par un artiste estimable, M. Maximilien Fusche, a Cologne.
«Ila huit pieds de hauteur sur neuf de largeur,. quant au tableau du centre; les volets ont quatre pieds de largeur *. »
Nous ajouterons que M. Kellerhoven vient de reproduire le tableau de PAdoration des Mages, qui doit faire partie d’une publication de tableaux anciens dus aux plus grands ar-
tistes du moyen age.
HEMLING?, 1475 a 1485, — (La Cuassr be Bruces.)
« Parmi les trésors de l'art qui sont conservés dans la ville de Bruges, dit le baron de Keverberg, il en est un surtout qui doit étre considéré comme le plus precieux des chefsd'ceuvre. Je parle de cette chasse fameuse, reliquaire ot Jean Hemling a peint, en six tableaux, la vie de sainte Ursule et de ses illustres compagnes, et en quatre autres, l’apothéose de ces héroines du christianisme.
« Ces belles et tendres vierges y sont représentées avec un art inexprimable, d’abord dans les principales circonstances de leur vie, puis dans l’éclat de leur gloire immortelle. On ne se
1 Le baron de Keverberg. — Ursula, p. 186 et suiv. ] spy r Ip Ig AS y r 2 D’aprés les récentes découvertes de M. James Weale, la veritable orthographe de Jean de Bruges est Memling.
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