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« la mort et péril comme elles. »
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d’Amédée Thierry. Aux détails les plus curieux se joint une lecture trés-attrayante et digne
du sujet qu'il traite en vrai Tacite.
Les auteurs variant sur la date du martyre de sainte Ursule, nous donnons ici la version tirée
du bréviaire des Bénédictins :
« Lorsque sous l’empereur Gratien, qui était chrétien, et fils de l’empereur Valentinien,
« suecédant a son pére dés l’'an 378 jusqu’a l’an 383, massacré ensuite par Andragathio,
maréchal de camp de Maximus, et Flavius Clément Maximus, commandant en chef des légions romaines stationnées dans la Grande-Bretagne, créé empereur par la soldatesque,
eut usurpé la dictature, il envoya dans la Gaule des troupes qui furent bien accueillies par
les légions mal disposées a légard de Gratien. C’est ainsi qu'il affermit son empire. Les
colons qui s’y étaient antérieurement fixés furent expulsés; ensuite il répartit les fertiles
contrées des Armoriens entre les légions qu'il y avait fait venir de la Grande-Bretagne. Cest a ces colons bretons que la Bretagne gauloise doit le nom qu'elle porte encore aujourd hui. C’était Régulus qui commandait les Bretons; suivant le conseil de Conanus, un « de leurs chefs, il envoya une ambassade dans la Grande-Bretagne, pour demander autant de
jeunes filles qu’il lui en faudrait pour marier tous ses colons militaires. Les habitants de la
Grande-Bretagne accueillirent favorablement cette demande; ils sentirent bien qu’en y
accédant, ils acquerraient la bienveillance du nouvel empereur, el que de plus ils établi-
raient fort bien leurs filles, en les alliant 4 des compatriotes enrichis par des dotations qui
« leur avaient été faites dans la nouvelle province. On choisit donc unnombre de vierges égal a
celui des soldats colons. La plus distinguée d’entre elles était Ursule, fille de Dionetus, roi de
Cornubie (actuellement duché de Cornubia) ; elle était fiancée 4 Conanus, chef des cohortes
« bretonnes au service de Maximus. Les vierges s’étant rassemblées 4 Londres, on les déporta
«sur des vaisseaux malgreé elles ; ces navires, aprés avoir quitté le port, furent dirigés vers le
« pays des Armoriens, mais une violente tempéte les fit échouer sur la cdte germanique. Ces
contrées étaient alors occupées par les Huns, appeleés par l’empereur Gratien a son secours
« contre Maximus. L’emploi du nom « Huns » ne doit pas surprendre dans cette oceasion,
‘car toutes les peuplades barbares qui envahirent successivement l’empire recevyaient le
« surnom de Huns; tels sont : les Alains, les Ambrons, les Pictes, quoique la dénomination « de Huns n’appartienne proprement qu’a celles qui, partant de la mer d’Azov vers l’'an 572, « envahirent la Hongrie et n’atteignirent le Rhin que vers l’an 491, sous Attila. Ces hordes
« barbares surprirent la troupe des vierges conduite par sainte Ursule, qui, pour garantir leur
‘ pureté virginale, comme le plus précieux trésor de leur coeur, se défendirent avec une in-
« trépidité courageuse et furent toutes massacrées. Les habitants de Cologne enterrérent les
« corps de ces saintes vierges avee de grands honneurs. Le monde chretien célebre leur glo-
crieux combat avec un éclat toujours renaissant le 21 octobre. Une seule d’entre ces vierges,
« saisie d’effroi a Vidée d’une mort certaine, se tint a l’écart 4 fond de cale, mais, navrée de
« repentir et encouragée par l’exemple héroique de ses compagnes, elle affronta le lendemain
Le pape Cyriaque, grace aux priviléges dont l’avaient comblé les réveurs du temps, grandit aux yeux des fideles jusqu’a ce que Baronius ait jugé utile de rayer ce nom de la liste des papes, ou plutét de le considérer comme un pape apocryphe.
Cest au jésuite Crombach que nous avons emprunté l’ordre de cette marche presque
opposée a celle que la légion prit pour traverser la premiere fois les Alpes.
(31) Cet épisode, tiré des Révélations de nos bienheureux, se trouve exposé assez longuement dans Ursula vindicata, t. Il, 1. Wl, p. 565.
Nous ne savons pourquoi certains légendaires modernes, par ‘pure fantaisie, ont conduit Conan jusqu’a Rome. Auteurs et artistes anciens sont parfaitement d’accord pour le faire arriver 4 Mayence, ot la princesse Ursule, accompagnée du pape Cyriaque, le rencontre. Les peintures qui font l’objet de cette publication sont parfaitement en rapport avec la tradition. Or, l’artiste colonais travaillait longtemps avant Hemeling. — Crombach, t. I, p. 572.
Plusieurs auteurs déclarent qu’Ethérée, uni a jamais a Ursule, affronta la mort en présence
de sa courageuse fiancée, et que leur martyre n’a été séparé que par un instant trés-court,
comme si le ciel ett voulu recevoir ensemble ces deux époux fidéles a la grace et les dédommager des douleurs de la séparation terrestre en les unissant a jamais dans la céleste patrie.
Un examen bien attentif de notre dernier tableau nous a remis en mémoire un épisode du massacre que nous avons passé sous silence dans la Légende, voulant concentrer toute l’attention sur la figure principale. — Une de ses compagnes, nommée Cordula, a la vue du martyre, avait senti son courage faiblir, et, prenant la fuite, s’était dérobée aux regards des barbares en se cachant sous les débris d’un navire. (est dans cette circonstance que le peintre nous montre la transfuge. Mais, ajoute la chronique, Cordula, honteuse de sa faiblesse, demande pardon 4 Dieu de sa désertion, et va elle-méme, le lendemain, s’offrir 4 la hache des bourreaux.
(35) Le Bréviaire bénédictin place le massacre des vierges sous l’empereur Gratien de 568 4585, Les Huns, selon lui, avaient été appelés au secours des légions romaines et occupaient le Rhin
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aux environs de Cologne, lorsque ces barbares firent une horrible boucherie de ces milliers de vierges chrétiennes. |
Nous pensons que c’est une erreur, car on ne yoit apparaitre les Huns qu’avec Attila, la premiére fois en 450, alors qu’ils se ruérent sur la Gaule, la seconde fois 4 leur retour en Germanie, aprés leur défaite. Voir D, Bouquet, t.1, p. 619; — Grég. de Tours, Hist. des Franes, Lies
Au sujet de la mort de notre sainte, nous devons quelques mots sur la célebre confrérie de Sainte-Ursule.
La confrérie de Sainte-Ursule remonte a la plus haute antiquité. Le but de cette association était d’obtenir du ciel, par l’entremise de sainte Ursule et de ses courageuses compagnes, de conserver la ville et le pays ou la confrérie était établie dans la foi catholique et romaine, d’exlirper les hérésies, de préserver les peuples contre toute révolution, guerre, épidémie, ete. enfin d’accorder une bonne mort aux membres de la confrérie.
Quoiqu’il soit fait mention de cette association en 1489, il est incontestable qu'il faut faire remonter plus haut son origine.
Dans la premiére moitié du dix-septiéme siécle, il existait dans l’église de Sainte-Ursule, a Cologne, trois registres renfermant les noms des personnes agrégées a la confrérie ; le plus
ancien registre remontait 4 1514, les premiers avaient péri. Dans ces registres on lisait les noms les plus illustres de cette époque, savoir : cardinaux, évéques, abbés, empereurs et rois, reines, archidues, électeurs, ducs, marquis, comtes, fonctionnaires, enfin les plus illustres de toutes nations, spécialement d’Allemagne, d’Espagne et d’Italie, Alors que Luther cherchait a ruiner le culte des saints, il semblait que la noblesse catholique, en se rangeant sous la banniére d'une illustre martyre, voulut opposer une puissante digue aux flots irrités de ’hérésie.
En parcourant les pages nombreuses et pleines d'intérét que le R. P. Crombach a laissées sur cette célébre contrérie, on voit qu’il est peu de maisons princiéres qui ne s'y soient fait représenter par un de leurs membres, et que chaque ville importante tenait 4 honneur de s'y faire inscrire.
Vers l’an 1648, l’'archevéque Ferdinand de Cologne renouvela cette confrérie, et le pape Innocent X se complut 4 V’enrichir de nombreuses indulgences.
Enfin, en 1849, la confrérie de Sainte-Ursule a repris sa premiére vie et semble promettre des jours dignes de son ancienne splendeur.