‹ La Légende de SémiramisChapitre 12 sur 56 · Orat., s., p · texte numérisé non relu

Orat., s., p

Pythagoriciens. 7

Mais à Ascalon les habitudes étaient toutes différentes. D'après le témoignage de Mhnaséas, cité par Athénée, 77 les dévots offraient dans le temple de cette ville à la déesse Atargatis des poissons d’or et d'argent; puis le même auteur ajoute : « Les prêtres chaque jour présentent à la déesse sur la table sacrée de vrais poissons tout préparés, cuits et grillés, qu’ils mangent eux-mêmes. » Cette offrande du poisson sacrifié à une déesse ichthyomorphe n’a rien qui doive nous surprendre; dans l'esprit de toutes les religions antiques la victime est identifiée à la divinité à laquelle on l’immole. 7# L'animal choisi pour le sacrifice est animal sacré qui symbolise la divinité et lui sert d’attribut.

Les rites du culte d’Atargatis ou Dercéto à Ascalon sont le commentaire naturel des représentations de quelques cylindres babyloniens où l’on voit un poisson servi sur la table d’offrandes entre un dieu et une déesse coiffés de la tiare royale et assis sur des trônes 7”; ailleurs le poisson est servi devant un dieu coiffé de la tiare et assis, derrière lequel Js'#ar armée se tient debout. #° M. de Longpérier a publié $' un très-curieux cylindre sur lequel est figuré un prêtre faisant l’offrande d’un poisson à une divinité représentée sous la forme d’une hache. La notion à laquelle se rapporte cette scène avait passé dans les religions de l'Asie Mineure, si fortement marquées de l'empreinte assyro-chaldéenne. Élien, en parlant du dieu adoré à Mylasa en Carie, dit qu’il existait dans l'enceinte sacrée de Labranda un bassin dans lequel vivaient des poissons apprivoisés qui portaient aux ouïes des pendants d'oreille. On connait la forme du Zeus Labrandeus par les médailles frappées à Mylasa : c’est une divinité barbue, terminée en gaine et armée d’une bipenne et d’une lance. Plutarque * nous apprend que le mot A4Bpos signifiait, dans la langue des Cariens, une hache (mélexvç). Chez les Lydiens, cette arme était l'emblème du pouvoir

suprême; c'est encore Plutarque qui indique cette particularité, quand il raconte l’origine du dieu de Labranda. 5

Au reste, sur l'ensemble des rites du même genre et des idées auxquelles ils se rapportent, il faut consulter le remarquable mémoire consacré par M. le baron de Witte au Sacrifice du poisson. Ÿ

On élevait encore des poissons sacrés en l’honneur de la Vénus phénicienne de Paphos. # Les médailles de Cypre à l’époque romaine montrent ces poissons dans un bassin

76. Plutarch., Sympos., 8., 8; Eustath. 44 Homer., Odyss., M, p. 1720; cf. Lobeck, Aglaopham., p. 249; Creuzer, Symbolik, 3° édit., t. 2., p. 398.

78. Voy. Ch. Lenormant, Nouv. ann. de l’Inst. arch., t.1., p. 260.

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