Pausan
105. Athen., 7., p. 325; Eustath. 44 Homer., Hiad., À, p. 87.
en Sicile. :6
Quant à la colombe, elle est bien connue comme l’animal sacré de l’Astarté de Paphos. "°7 Les médailles de l’île de Cypre frappées sous les empereurs romains, en représentant le temple de la déesse, y montrent les colombes errant dans les cours et se posant sur le toit. :% D’autres monnaies de la même île, de date plus ancienne, car elles ont été frappées sous les Achéménides, font voir au droit le buste d’Aphrodite, le front ceint d’un diadème, le cou orné d’un collier et les oreilles de pendeloques, et au revers la colombe. °? D'autres encore, dont quelques-unes portent le nom de Paphos écrit en caractères cypriens "° et quelques-unes le nom de Salamis, * présentent à la fois comme types la colombe et la vache ou le taureau, emblème également important et bien connu de la déesse. On trouve fréquemment en Chypre des statuettes en terre cuite, partie de l'époque phénicienne, partie de l'époque grecque, où l’Astarté ou Aphrodite de Paphos est figurée tenant à la main la colombe. * La plupart des antiquaires français rattachent à la même origine que ces terres cuites et considèrent comme une œuvre cypriote, "? d’après une opinion due au regrettable duc de Luynes, qui se proposait de la développer dans une étude particulière, une statue fragmentée de marbre, fort inexactement publiée par Montfaucon "# et par Grosson, laquelle fait aujourd’hui partie du musée de Lyon. Mais nous ne saurions nous ranger à cette opinion. Après un examen très-attentif, et répété à plusieurs reprises, la statue du musée de Lyon, qui représente Vénus coiffée du polos et tenant sur sa main la colombe, statue qui ne provient ni de Chypre ni de l'Asie, mais a été découverte à Marseille, est à nos yeux une œuvre grecque de l’époque archaïque, empreinte de tous les caractères du style des écoles ioniennes. Avec plus de perfection dans le travail et dans l'exécution, cette figure se rapproche beaucoup, comme style et comme école d'art, des ex-voto archaïques trouvés à Marseille il y a quelques années et datant des débuts mêmes de cette colonie grecque." C’est un morceau de la même famille que les statues qui bordaient l’avenue du temple d’Apollon Branchidien près de Milet "7 et que les plus anciens fragments de sculptures athéniennes parvenus jusqu'à nous, "À fragments dont les caractères d’art ont été analysés d’une manière particulièrement remarquable par M. Beulé. "? En tant que spécimen des écoles ioniennes, cette figure est même assez frappante
106. Cic., In Verr., 4. 53; Diod. Sic., s., 3; Schol. zd Pindar., Nem. 1, v. 1; Plutarch., De solert. anim., t. 10., p. 63, ed. Reiske; Ælian., Hist. anim., 8., 4. 107. Âthen, 14., p. 655; cf. Münter, D. Tempel d. Himmi. Gaœttin zu Paphos, p. 26; Engel, Kypros, t. 2., pp. 180 et suiv.
108. Münter, D. Tempel d. Himml. Gœttin zu Paphos, pl. 4. 109. Duc de Luynes, Numismatique et inscriptions cypriotes, pl. $ n°5. no. Ibid. pl. 3., n°s 1-6. — Ces deux lectures sont aujourd’hui très-douteuses et devront sans doute être modifiées.
mt. Ibid. pl. 3., n°s 7-12.
m2. Voy. de Witte, Élite des monuments céramographiques, t. 4., p. 236, note 1. u3. De Witte, au même endroit.
114. Antiquité expliquée, t.2.,2° part., pl. 139, n°2. us. Antiquités de Marseille, pl. 25., n° 2.
116. Conze, Archæologische Zeitung, Archæologischer Anzeiger, 1866, p. 303-306; pl. B. u7. Newton, Déscoveries at Halicarnassus, Cnidus and Branchide, pl. 74. et 75. 18. Le Bas, Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure, monuments figurés, pl. 2, 3, 4 ets. 9. Gazette des Beaux-Arts, t.15., p. 489-513.
pour que nous ayons quelque peine à croire qu’elle ait été sculptée à Marseille; nous serions plutôt tenté d’y voir un simulacre apporté d’Ionie même par les compagnons d’Euxène et de Protis, comme la statue d’Artémis Éphésienne qui devint le palladium de la nouvelle cité. *° C'est aussi d’Ionie que doivent venir les monnaies d’argent appartenant à la même école d'art, avec un carré creux au revers, dont on a trouvé quelques-unes à
Saint-Remy (Glanum) et à Marseille même (au port de la Joliette), * et dont un dépôt si
important, qui n’a encore fait l’objet d'aucun travail approfondi, 7?
a été exhumé il y a quelques années à Auriol (Bouches-du-Rhône).
Le type de l’Astarté phénicienne tenant la colombe, admis, comme nous venons de le voir dans cet exemple, par les Grecs de l'Asie Mineure, a aussi été fréquemment reproduit par les Étrusques, dans des figures de bronze d'apparence tout asiatique. ‘#3 Et il faut noter ici, avec M. de Longpérier, ** le rapport que présente le nom donné par les Étrusques à Vénus, Turan, avec un des mots qui dans les langues sémitiques désignent la colombe, M.
L'attribution de la colombe à la déesse de la nature génératrice avait en effet passé de l’Asie dans les religions occidentales. Chacun sait que cet oiseau est l'emblème le plus constant d’Aphrodite. Des terres cuites grecques d’ancien style représentent la déesse tenant la colombe, * d’une manière exactement conforme au type que nous avons vu en Cypre et à celui de la statue du musée de Lyon. On élevait des colombes sacrées dans l'enceinte du temple de Vénus sur le mont Eryx en Sicile, 26 dont le culte offrait tant d’analogie avec celui des sanctuaires de l’Astarté phénicienne. 77
Les Syriens, à cause du caractère sacré de cet oiseau, ne l’offraient jamais comme victime. 2% Mais dans l’île de Cypre, au contraire, on plaçait des colombes vivantes sur le bûcher où était brûlée l’image d’Adonis, dans la fête de deuil qui avait lieu tous les ans. ?°? De même, chez les Grecs et chez les Romains, la colombe était considérée comme la victime
la plus agréable à Vénus. %° Une figurine de bronze de la galerie de Florence représente
une jeune fille tenant d’une main une patère et de l’autre une colombe, évidemment pour
la sacrifier à Vénus. %° Un fragment de bas-relief grec votif, que j'ai découvert à Eleusis, 37 Un lécythus athénien, à figures peintes
de diverses couleurs sur un fond blanc, montre un éphèbe debout auprès d’un tombeau
offre aussi l’image du sacrifice de la colombe.