‹ La Légende de SémiramisChapitre 22 sur 56 · El. des mon. céramogr., t. 3. pl · texte numérisé non relu

El. des mon. céramogr., t. 3. pl

marin, ou qu'ils lui mettent à la main un poisson dont il serre fortement la queue.

Mais, en revanche, Nérée, qui n’est qu’une forme inférieure de Posidon, 169 est figuré sur plusieurs vases peints avec la queue de poisson. 7° Et il n’est pas sans intérêt d’observer en passant que Pindare ”’ le montre donnant aux hommes des enseignements de morale, d’une manière qui rappelle tout à fait l'Anx législateur des mythes de Babylone.

Le thon et le poisson pompile étaient spécialement consacrés à Posidon, etles pêcheurs offraient à ce dieu le premier thon qu'ils prenaient dans leurs filets. 7? Dans la ville d’Ægiæ, en Laconie, se trouvait un étang nommé l'étang de Posidon, avec des poissons sacrés, et personne ne se serait avisé de prendre ces poissons : le coupable aurait à l’instant ressenti les effets de la colère du dieu. 7? Le poisson Péxyos était consacré à Dionysus. 74 Le poisson kITTÔ appartenait au même dieu. 75 À Pharæ, en Achaïe, il y avait une fontaine qui

avait nom Hama et dont les poissons étaient dédiés à Hermès. ne

On signale, du reste, une espèce de poisson nommé Pôaë comme appartenant à ce dieu. 77 Quant au poisson xkiBapoc, il était consacré à Apollon. 178 Dans la Lycie, il y avait des poissons sacrés que l'on consultait pour connaître l'avenir et que l’on faisait venir à la surface de l’eau au son de la flûte. 7? Varron raconte une anecdote à peu près semblable au sujet de certains poissons de la Lydie qui étaient sensibles aux accords de la musique; il ajoute que les Lydiens offraient des poissons en sacrifice aux dieux. '#° Les Béotiens des bords du lac Copaïs faisaient de

même avec leurs anguilles. 8

Ces rapprochements, que nous n'avons pu faire que très-sommairement, car il eût été bon d’y joindre les mythes des dieux péchés et des dieux pécheurs, ® suffisent pour montrer que lattribut du poisson et le caractère ichthyomorphe appartiennent plus souvent à des divinités masculines que féminines, et pour achever de prouver que dans le couple du poisson et de la colombe, concourant à la génération de l’univers, le rôle de mâle appartient au poisson et celui de femelle à la colombe. Aïnsi dans le groupe de mythes auquel se rattache celui de la naissance de Sémiramis, le principe humide est le principe mâle et le principe igné le principe femelle. Cependant c’est l’inverse qui se présente

habituellement dans les conceptions religieuses de l'antique Asie, °? et nous-mêmes, nous

avons eu l’occasion de faire voir ailleurs + que dans la cosmogonie babylonienne, telle

168. Voy. Ch. Lenormant et de Witte, El. des mon. céramogr., t. 3., p.76.

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