Pausan
232. C'est comme déesse guerrière qu'Astarté est figurée dans les bas-reliefs ptolémaïques du temple d’Edfou, parmi les auxiliaires divins d’'Horus : Naville, Textes relatifs au mythe d'Horus, recueillis dans le temple d'Edfou, pl. 13. Elle a une tête de lionne, surmontée du disque solaire, tient à la main un fouet et est debout sur un char que traînent quatre chevaux, foulant aux pieds un ennemi vaincu. Ses titres, inscrits à côté de sa figure, sont : « Astert, rectrice des chevaux et du char, résidant dans Utes-Hor. »
dans toutes les innombrables formes de la divinité féminine des religions de l'Asie. Nous l'avons signalé dans le personnage d’Anaïtis, lorsque nous en avons fait l'objet de nos recherches. *% La Tanith de Carthage, appelée des Romains Dea Coelestis, apparaît sur une monnaie de Septime Sévère assise sur un lion et tenant la lance, #%* et ce type se montre aussi sur quelques pierres gravées. % Par une analogie remarquable avec Sémiramis et Astarté, sur une des plus anciennes monnaies de la colonie romaine de Carthage on voit le temple de cette déesse, dont le fronton est occupé par une colombe volante. #%f I] faut aussi se rappeler la riche série des mythes des Amazones, #7 que Pillustre Gerhard a si savamment rattachée aux conceptions des religions de la race syro-phénicienne ou
sémitique, en établissant qu'elle en tirait son origine. #°
Or, une des versions de la légende
de Sémiramis vient y mêler les Amazones. Suivant cette version, l’amant de Dercéto, le ÿ
père de la future reine d’Assyrie, est Caystros, fils de la reine des Amazones Penthésilée, et
Sémiramis appartient ainsi à leur race. *%?
Le caractère viril et guerrier attribué à la déesse féminine est une variété d’androgynisme; tous les mythologues sont d'accord sur ce point. C’est une manière de rappeler dans la personnification séparée du principe féminin l’unité panthéistique d’où elle sort, le caractère compréhensif de l'être divin primordial, qui réunit les deux puissances active et passive, les propriétés des deux sexes, et qui se décompose ensuite dans la dualité du dieu mâle et du dieu femelle. Comme l’a très-bien dit M. de Vogüé, 4° « l’indécision est le souvenir de unité; chaque personnification ne saurait se débarrasser complétement des caractères généraux du type original. >»
Nous ne pouvons ici, sans nous étendre outre mesure, montrer toute l'étendue de la conception de landrogyne divin dans les diverses religions de l'antiquité, importance de son rôle et les nombreuses applications qu’en offre la mythologie : il suffira de renvoyer le lecteur aux travaux où ce sujet a été le plus spécialement étudié. ?# Mais il faut du moins signaler les principaux exemples de l'attribution du caractère d’androgynisme aux divinités féminines, surtout dans les religions asiatiques, sous les deux formes où ce caractère peut se marquer et que mon père a appelées l’hermaphrodite complet et l’hermaphrodite passif.
On signale à Cypre, au milieu des personnifications d’origine phénicienne qui constituaient les objets du culte de cette île, une Venus barbata, aux vêtements et au corps de femme, à la barbe et à la 2atwre masculine, signum barbatum, corpore et veste muliebri,
233. Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, pp. 148-165.