‹ La Légende de SémiramisChapitre 26 sur 56 · El. des mon. céramogr., t. 3, p · texte numérisé non relu

El. des mon. céramogr., t. 3, p

218. Voy. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. 2., p. 133; Éléments de la grammaire assyrienne, 2° édit.,

pp. 100 et suiv.

arr & 750 . . 7 D . 2 moderne FA, qui dérive de l’image d’un poisson enfermé dans l'enceinte du bassin sacré, ainsi qu’on le reconnaît encore parfaitement dans le tracé du caractère archaïque.

Nous sommes ainsi ramenés au culte particulier de la cité de Nivive, dont Ninus était le héros éponyme, et dont il était aussi le grand dieu, puisque la pyramide sacrée ou zéggurrat attenant au palais royal était regardée comme son tombeau, de même que la pyramide de la cité royale de Babylone était le tombeau de Be/-Marduk.*? Il est question de cette

pyramide dans l’inscription du cylindre de Bellino, 77°

et nous y apprenons que le temple d’J5 tar était situé tout à côté. Le couple divin se trouve ainsi réuni; Sémiramis est adorée

à côté de son époux Ninus.

Il nous semble en effet impossible de méconnaître dans la Sémiramis légendaire une forme héroïque de l’J5 rar de Nivive, déesse que nous avons étudiée dans un autre travail. * Js'tar, que Pausanias ** indique avec tant d’exactitude comme le prototype et l'origine de l’Astarté (nnw%) phénicienne, passée ensuite en Grèce comme Aphrodite Uranie, était — nous l'avons dit alors — une déesse à la fois guerrière et voluptueuse, qui présidait aux batailles et aux plaisirs des sens. Cette double physionomie, ce contraste d’attributions, nous le retrouvons également dans le personnage de Sémiramis, le reine conquérante et dissolue, qui partage sa vie entre les combats et l'amour. Chez les Philistins, où l’on place la naissance de Sémiramis et où Diodore atteste qu'elle était adorée, Astarté avait le même caractère. C’est dans le temple de cette déesse que les Philistins vainqueurs dédient les armes de Saül. *% Chez les Phéniciens eux-mêmes, bien que le côté voluptueux prédominât dans son culte, le caractère guerrier lui appartenait aussi, et se manifestait quelquefois. ?*# À Cypre on la surnommait £yystoc. * Sur les monnaies de Sidon, ?* d’Anthédon ?7 et de Bosra, # Astarté figure tenant la lance dans sa main droite. En Grèce, partout où le culte d’Aphrodite a été directement apporté par les Phéniciens, à Cythère, *? à Sparte, *%° à Corinthe, ' nous trouvons une Vénus armée. 7%

Au reste, une telle réunion de deux rôles en apparence contraires, un tel « contraste de pureté et d’impureté, d'énergie belliqueuse et de volupté sans frein, > pour nous servir des expressions de M. Guigniaut, se reproduit, mais d’une manière plus ou moins accentuée,

219. Voy. notre Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, pp. 364 et suiv.

220. L. 45 : Layard, Znscriptions in the cuneiform character, pl. 64.

221. Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, pp. 16-121.

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