‹ La Légende de SémiramisChapitre 3 sur 56 · Diod. Sic · texte numérisé non relu

Diod. Sic

par Ninus et de devenir reine. Vaincu d’abord par les Bactriens dans une bataille où ils perdirent 100,000 hommes, les Assyriens avaient repris l'avantage; devenus maîtres des principales villes du pays, ils assiégeaient la capitale, où s'était retiré le roi Oxyartès. — D'autres auteurs font de Zoroastre le roi enfermé dans Bactres. Ÿ — Mais le siége trainait en longueur, lorsque Sémiramis, travestie en guerrier, trouva moyen d’escalader la forteresse, et, par un signal élevé sur le mur, avertit de son succès les troupes de Ninus, qui emportèrent la place. Ninus, émerveillé de tant de bravoure et de la beauté de Sémiramis, l’enleva à Ménonès et en fit son épouse. Ménonès se pendit de désespoir. ?

Peu de temps après, Ninus, ayant eu de Sémiramis un fils nommé Ninyas, mourut, et la laissa souveraine de l'empire. © Suivant d’autres écrivains, il se retira en Crète, lui laissant le champ libre en Assyrie. * Une troisième version de la légende raconte encore différemment l'élévation de Sémiramis. Elle en fait une courtisane introduite à cause de sa rare beauté comme concubine dans le harem de Ninus. Lois de la célébration des Sacées, Sémiramis obtient de s'asseoir sur le trône comme reine de la fête; alors elle donne l’ordre de jeter le monarque en prison et de le mettre à mort; et c’est ainsi qu’elle s'empare du pouvoir. 5

Ninus fut enterré sons une pyramide haute de 9 stades et large de 10 à la base, dans le palais de Ninive. Quant à Sémiramis, une fois eu possession de la puissance suprême, elle donna l'essor à son génie naturellement entreprenant. Jalouse de surpasser la gloire de son époux, elle conçut le dessein de bâtir sur le bas Euphrate une ville immense; ce fut Babylone, qui n'existait pas jusqu'alors.

Ctésias rapportait à Sémiramis, conformément à la légende, toutes les grandes constructions de Babylone, les murs, auxquels il donnait la hauteur fabuleuse de so orgyies et une largeur suffisante pour faire passer six chars de front, Ÿ les quais et le pont de l’'Euphrate, les deux palais, dont il donnait une description très-exacte, Fe grand lac artificiel situé en amont de la ville et dans lequel on avait détourné l’Euphrate pendant la construction du tunnel qui reliait les deux palais par-dessous le fleuve, enfin la pyramide regardée comme le tombeau de Bélus. 7 Cependant il reconnaissait que les fameux jardins suspendus « n'étaient pas l’œuvre de Sémiramis, mais d’un roi syrien postérieur, qui les avait élevés pour une de ses femmes. # » Mais il racontait que Sémiramis avait encore construit de nombreuses villes destinées à servir de marchés le long de lEuphrate et du Tigre, et qu’elle avait fait apporter par eau, des montagnes de l'Arménie, un obélisque

8. Cephalion, 4p. Euseb., 4rm. Chron., p. 41, ed. Mai, et ap. Mos. Choren., 1, 17; Just., 1, 1.

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