‹ La Légende de SémiramisChapitre 36 sur 56 · De dea Syr · texte numérisé non relu

De dea Syr

277. Gerhard, Über die Kunst der Phænicier, pl 1, n°s 7-9; Renan, Mission de Phénicie, pl. 1-13.

donné sur les stèles égyptiennes de la dix-huitième et de la dix-neuvième dynastie à la déesse asiatique représentée nue sur un lion, en pendant avec la déesse guerrière Anata %Ÿ; en effet, si nous consultons le lexique copte, nous y voyons que le mot KOYN signifie pudendum virile.*7? Chez les Grecs nous avons l’Aphrodite Colias, dont le nom n'est pas moins significatif : xwAÿ rù aidotov. C’est caractériser suffisamment la déesse comme androgyne dans son essence. L'expression plus formelle encore de cette idée va nous être fournie par les nombreuses images d’Astarté en pierre calcaire, de style asiatique, que les dernières explorations ont fait rapporter de l’île de Chypre. Plusieurs de ces statuettes représentent la déesse coiffée d’un bonnet de forme conique, reproduisant le galbe de la pierre adorée à Paphos; en même temps sur le devant du cône est figurée l’image obscène que les Indiens de Bénarès tracent sur leurs fronts en l'honneur de la déesse Bhaväni. #° Nous avons ici lanalogue exacte du Yoni-Lingam de l’Inde, la réunion des organes des deux sexes, exprimant la nature et la puissance complète de l'être divin du panthéisme payen, le grand Tout, qui se féconde lui-même et produit dans son propre sein la génération universelle. Le xreiç est également figuré de la manière la plus précise à la base de la pierre conique du dieu Elagabale sur un célèbre aureus de l'empereur Uranius

#81 et ceci nous explique ce qu'a voulu dire Hérodien *? lorsqu'il parle de

Antoninus, certaines saillies où empreintes qui existaient à la surface de la pierre adorée à Émèse, EEoys té rivas Bpayeias Kai romous Dexvdovorv. 3 Ainsi se justifie l'opinion émise au siècle dernier par Falconnet #4 sur la signification du passage où Plutarque ? parle de la pierre sacrée trouvée dans le fleuve Sagaris, pierre sur laquelle on voyait empreinte de la Mère des dieux, edpioxetou yèp terumouévnv Éyov tv Murépa Tov Oeüv.

Souvenons-nous maintenant que, chez les Indiens, la figure du Lingam, même tracée seule, suppose toujours celle du Yoni et l’union des deux sexes. N’en est-il pas de même dans le culte de 'Astarté Paphienne? Et n'est-ce pas cette raison qui, au lieu du phallus pur et simple, y a fait adopter le symbole du cône, rappelant à la fois par sa projection la puissance mâle et par la section de sa base l'organe de la génération féminine? Comme nous, M. Guigniaut 286 et M. Lajard #7 ne sont pas éloignés de le croire.

Tous ces faits appartiennent à la donnée de l’hermaphrodite complet. La donnée de lhermaphrodite passif en est l'équivalent euphémique et adouci dans la forme extérieure, car elle déguise le personnage androgyne sous les traits d’une jeune femme guerrière et

278. Prisse, Choix de monuments égyptiens, pl. 37.; voy. De Vogüé, Mélanges d'archéologie orientale, pp. 43 et suiv. ; et notre Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, p. 151.

279. Nous devons cependant reconnaître que cette lecture Ken est douteuse. Au lieu de ER, Ken, il faut peut-être lire À, « la Kouschite, lÉthiopienne. » La forme donnée au second caractère prête en effet au doute. Sur le même monument nous la voyons donnée au s’ dans le nom du dieu Res pu (voy. De Vogüé, Mélanges d'archéologie orientale, p.78) et au n dans le mot sent, « sœur. »

280. Voy. un bel exemple de ces figurines dans Lajard, Culte de Vénus, pl. 20., n°1.

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