‹ La Légende de SémiramisChapitre 42 sur 56 · Annal · texte numérisé non relu

Annal

le premier, était une forme héroïque de Samdan. Le mythe du dieu brûlé sur un bûcher, et dont on conserve le tombeau, s'applique à tous les personnages solaires des religions de l'Asie, puisqu’en Phénicie c'était Adonis qui était ce dieu et qu’à Babylone le tombeau caché dans la pyramide était celui de Bel-Marduk, ** mais nous ferons voir, en nous appuyant sur des preuves positives, qu’en Assyrie cette conception s’attachait tout spécialement à Adar-Samdan. Le nom idéographique d’Adar s'écrit, après le déterminatif aphone de idée de « dieu, » soit par un seul signe qui a, pris phonétiquement, la valeur nin, 1 BE] soit par ce signe, suivi de celui qui représente la syllabe dar (et aussi 4, car il est polyphone), jouant ici le rôle de complément phonétique, TETE 325 Or, nous avons constaté ailleurs ?% que Damascius #7 appelait "Tuvos le dieu Be/, d’après la valeur phonétique /u-en des signes composant son nom idéographique, #T I] soit par suite d’une erreur de lecture, soit que quelquefois on prononçât pour leur valeur phonétique ces combinaisons d’idéogrammes. Il est donc possible et même probable que les interprètes qui se mirent à une certaine époque au service des Perses, puis des Grecs, et peut-être les Assyriens eux-mêmes, lisaient quelquefois #17 ou nin-ip le nom du dieu Adar, comme le font encore actuellement la plupart des assyriologues (à tort suivant nous). On peut même avec quelque vraisemblance conjecturer que Nin-ip, ou plutôt Nndar, était la lecture accadienne correspondant au nom assyrien Adar, comme Nin-s'illu était celle qui correspondait à Nisruk et En-kit, celle qui répondait à Be/-Dagan. F% Cette lecture fournissait une allitération toute naturelle avec le nom de la ville de Ninive, et ne doit pas avoir été étrangère à la formation du personnage héroïque de Ninus.

L'identité fondamentale du héros Ninus et du dieu Adar-Samdan, est encore confirmée par la version postérieure de la légende qui appelle @ovppas le héros national, conquérant et guerrier, de l’Assyrie. °° Il est impossible, en effet, de méconnaître dans ce nom le mot M, qui désigne le taureau dans l’idiome araméen, lequel, un peu avant l'ère chrétienne, supplanta l’assyrien sur toute l’étendue de son ancien domaine. Or, des textes positifs prouvent que pour les Assyriens Adar-Samdan était le dieu-taureau par excellence, qu’il présidait au signe zodiacal du taureau et à la constellation de ce nom. #%° Le taureau, dans la symbolique de l'Asie et en général de toute l'antiquité, est essentiellement Panimal du principe humide. #% Il est en rapport étroit avec les divinités ichthyomorphes. 7 Aussi les deux formes du taureau et du poisson se confondent-elles, sur quelques monuments représentant le mythe originairement phénicien de l'enlèvement d'Europe, dans la figure

323. Sandon und Sardanapal, dans le Rheinisches Museum fiir Philologie, ire sér., t. 3.

324. Voy. notre Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, p. 364.

Page 1