‹ La Légende de SémiramisChapitre 43 sur 56 · Chronic. pasch., t.1., p. 68, ed. Dindorf · texte numérisé non relu

Chronic. pasch., t.1., p. 68, ed. Dindorf

330. H. Rawlinson, dissertation insérée à la suite du tome 1°” de Hérodote anglais, p. 621; et notre Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, p. 232.

331. Voy. le mémoire de Lajard sur le taureau et le lion, inséré dans ses Recherches sur le culte de Vénus; De Vogüé, Mélanges d'archéologie orientale, pp. 63 et suiv.

332. Voy. Ch. Lenormant, Nouvelle galerie mythologique, p. 63.

d’un taureau à queue de poisson. %% L'attribution du taureau au dieu Adar-Samdan prouve donc que, par suite de cette association des contraires dont nous rencontrons à chaque pas les exemples sous des formes indéfiniment variées, si ce dieu est essentiellement un de ceux du principe solaire et igné, il tient aussi par certains côtés au principe contraire, à l'élément humide.

Il est bon de se souvenir ici de ce que nous avons fait déjà remarquer ailleurs %# comme un des côtés les plus importants de la conception du personnage divin qui nous occupe en ce moment. En général, dans la religion chaldéo-assyrienne, les dieux des planètes — à la classe desquels appartient Adar comme présidant à la planète Saturne — ne sont que des formes, des manifestations secondes des dieux de l’ordre supérieur. Tel est le rapport entre Adar-Samdan et Anu, dont sir Henry Rawlinson à fait remarquer la parenté, #% qui reçoivent beaucoup des mêmes titres et à qui est commune l'appellation accadienne de Uras”, dont le sens parait avoir été « le générateur. 36 ;, Une tablette 37 enregistre même Adar parmi les noms d’Anu. Dans la belle invocation à ce dieu qui ouvre l'inscription de S'ams'i-Bin 3, il reçoit les qualifications de « premier-né du dieu des Anunnaki, > — ce dieu est Anu #5 — « l’ancien (a/lalu) des dieux, absorpteur (s’#pf) invariable, indicateur du soleil boréal, maître suprême qui chevauche sur l'éclair (xbubr). %? » De telles épithètes montrent dans tout son jour le lien étroit qui rattache le dieu Adar-Samdan au grand dieu An, ou, pour parler le langage de la légende héroïque, le second époux de Sémiramis, Ninus, à son premier époux, Onnès ou Oannes. C’est envisagé sous ce point de vue qu’Adar-Samdan reçoit quelquefois dans les inscriptions cunéiformes des titres qui semblent en contradiction avec ceux qui lui appartiennent plus habituellement, qu’il est appelé « celui qui ouvre les canaux, » le dieu de la mer et des fleuves, » « celui qui habite dans les profondeurs de l’abime. %#° » L’emblème du poisson ne lui est donc pas absolument étranger, et l’allitération de nunu avec Ninua (et peut-être avec Ninip), dont nous avons vu tout à l’heure l’importance dans la légende de Sémiramis, a pu lui être appliquée. Aussi, dans la si curieuse série de titres et d’épithètes que lui donne l’invocation placée en tête du grand monolithe d’A45% wr-nasir-pal à Nimroud voyons-nous ce même dieu appelé « fils ainé du poisson et de la femelle qui s'élève dans le ciel (p4/ ris'tan nuni au nagbit qumate), premier-né du dieu sans fin (14 kimmut), protecteur des cinq et des deux dieux sidéraux. 3# »

Mais de même qu’en étant par essence un dieu igné et solaire, il participe pourtant, dans une certaine mesure, du principe humide; par une conséquence nécessaire de cette conception, Adar a beau se montrer ordinairement sous l'aspect de Samdan, « le puissant,

333. Ch. Lenormant, Nouvelle galerie mythologique, pl. s1., n° 3; cf. le texte, p. 64.

334. Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, p. 112.

335. Journal of the Royal Asiatic Society, new sér., t. 1., pp. 202 et 230.

336. Voy. H. Rawlinson, même mémoire, p. 230; et notre Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, p. 109.

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