‹ La Légende de SémiramisChapitre 44 sur 56 · Cuneif. inscr. of West. As, t.1., pl · texte numérisé non relu

Cuneif. inscr. of West. As, t.1., pl

» il a beau, dans la plupart de ses titres et de ses représentations figurées, offrir le caractère de la personnification de la force et de l'énergie virile à sa suprême puissance, c’est en même temps, de tous les dieux mâles du panthéon chaldéo-assyrien, celui dans lequel on retrouve le plus facilement des traits caractéristiques de landrogynisme fondamental. Toute une nombreuse classe de mythes, que nous étudierons en continuant cette série de mémoires, celui de Sardanapale et celui de Parsondas, entre autres, représentent ce dieu terrible tombant dans un état d’effémination étrange, prenant les vêtements et les habitudes d’une femme, et devenant véritablement hermaphrodite. Il y semble atteint de cette Onheta voÿoos qu'Hérodote # montre frappant comme châtiment ceux des Scythes qui avaient pillé le temple d’Ascalon, consacré à Sémiramis et à sa mère Dercéto. Dans la légende, le personnage de Ninus n’a rien de ce côté de la physionomie du dieu avec lequel il se confond; il en représente exclusivement la face virile et guerrière. Mais les deux aspects opposés du dieu assyrien se sont dédoublés dans la légende héroïque en deux personnifications différentes, car, à côté du terrible Ninus, nous y trouvons son fils, l'efféminé Ninyas, dont le nom ne diffère pas essentiellement du sien, et qui, vivant au milieu des femmes de son harem, portant leur costume et partageant leurs occupations, ne diffère en rien des autres héros qui représentent le côté androgyne d’Adar-Samdan, comme Sardanapale ou Parsondas. 5 Ninyas est une répétition du personnage de Ninus, envisagé sous une autre face; dans toutes les religions antiques le dieu père et le dieu fils, comme la déesse mère et la déesse fille, s’identifient l’un à l’autre et ne sont qu’un même être divin dédoublé. %## Cette unité divisée dans une dualité, cette dualité qui se ramène si clairement à l’unité, est une manière d'exprimer mythiquement la notion que l'Égypte formulait dans toute sa netteté, sans voile d'aucune fable, « le dieu qui s'engendre lui-même. # » Et pour nous restreindre à ce qui touche spécialement à la légende de Sémiramis, l'identité du père et du fils, de Ninus et de Ninyas, ressort bien clairement de la version suivie par Justin, ## où une passion violente pousse Sémiramis à faire de Ninyas son époux. Nous nous trouvons ainsi en présence du personnage efféminé que nous cherchions tout à l’heure comme devant faire le pendant naturel, et pour ainsi dire obligé, de la virile Sémiramis.

Pour acquérir la conviction que nous ne nous trompons pas en envisageant ainsi le personnage de Ninus, il suffit de se reporter à la forme du même mythe que nous offre, sous d’autres noms, la religion de la Lydie, dans laquelle nous avons dû nous-même #7 reconnaître une si profonde et si manifeste empreinte assyrienne et dans laquelle l'Hercule apporté des bords du Tigre conservait son nom de Samdan sous la forme non altérée Eavdov. 34% Elle est d'autant plus curieuse que la Lydie n'avait pas des rapports moins

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