‹ La Légende de SémiramisChapitre 5 sur 56 · Diod,. Sic · texte numérisé non relu

Diod,. Sic

d'entreprendre la conquête de l’Inde, dont les immenses richesses excitaient d’ailleurs sa convoitise. Stabrobatis, roi des Indiens, averti des préparatifs inouïs de la reine d’Assyrie, mit sur pied des forces considérables, puis défia Sémiramis elle-même, dans une lettre où il lui reprochait ses débauches, et la menagçait de la mettre en croix s’il était vainqueur. Sémiramis n’en attaqua pas moins le monarque indien, et parvint d’abord à forcer le passage de l’Indus. Mais dans la grande bataille qui s’ensuivit, les éléphants de Stabrobatis lui assurèrent la victoire. La reine elle-même fut blessée, son armée mise en fuite et détruite aux deux tiers; mais les Indiens, par l’ordre des dieux, ne la poursuivirent pas au-delà du fleuve. ? Quand Mégasthène, ambassadeur de Séleucus à la cour de Pàtalipoutra (la Palibothra des Grecs), consulta les chroniques et les traditions nationales des Indiens, il n’y trouva aucune trace de l'expédition de Sémiramis. Mais n’osant pas révoquer en doute l'existence de cette reine, à laquelle tous les Grecs croyaient fermement de son temps, il supposa qu’elle avait dû mourir avant de pouvoir réaliser son projet d'attaque contre cette partie lointaine de l'Asie. 3°

C’est au retour de la campagne si tristement terminée dans l’Inde, qu’on racontait que Sémiramis avait été en butte à une conspiration des deux fils issus de son mariage avec Oannès, lesquels sont nommés Hyapatès et Hydaspès. %* Révoltés des désordres de leur mère et excités par l’eunuque Satibaras, les deux jeunes gens avaient résolu de lassassiner ; prévenue, Sémiramis les fit mettre à mort. ?

Au reste, à la suite de cet échec, elle rentra dans ses États, d’où elle ne sortit plus. Elle poursuivit l'exécution de ses vastes travaux; et telles furent l’activité et la renommée de cette reine qu'après elle, suivant Strabon, tout grand ouvrage en Asie lui fut attribué par la voix populaire. # Alexandre trouva, raconte-t-on, son nom inscrit sur les frontières de la Scythie, alors considérée comme la borne du monde habité. C’est cette inscription dont le texte prétendu nous a été conservé par Polyen + et dans laquelle Sémiramis, parlant d'elle-même, se serait exprimée ainsi : « La nature m'a donné le corps d’une femme, mais mes actions m'ont égalée au plus vaillant des hommes. J’ai régi l'empire de Ninus qui vers l'Orient touche au fleuve Hinamanès (évidemment celui que la plupart des géographes anciens nomment Etymander), vers le sud au pays de encens et de la myrrhe, vers le nord aux Saces et aux Sogdiens. Avant moi, aucun Assyrien n’avait vu de mers; j'en ai vu quatre, que personne n’abordait, tant elles étaient éloignées. J'ai contraint les fleuves de couler où je voulais, et je ne l’ai voulu qu'aux lieux où ils étaient utiles : jai rendu féconde la terre stérile en l’arrosant de mes fleuves. J'ai élevé des forteresses inexpugnables, j'ai percé avec le fer des routes à travers les rochers impraticables. J'ai frayé à mes chariots des chemins que les bêtes féroces elles-mêmes n'avaient pas parcourus. Et au milieu de ces occupations, j'ai trouvé du temps pour mes plaisirs et pour mes amours. »

Cependant, ayant appris que son fils Ninyas lui tendait des embüûches, Sémiramis se

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