Lexic. hebraïc., v° Dt
Nous avons nous-même indiqué ailleurs %°4 que dans la religion de Babylone et de lAssyrie les divinités féminines étaient formées de la même manière et étaient également le 35 ou le D% du dieu mâle correspondant.
Dès lors comment ne pas comparer le nom de Sémiramis à celui de 5ÿ2-nÿ et ne pas y voir une expression de même nature, D7-DŸ, nomen excelsum, en assyrien s'#mu-rim ou sammu-rim ? Nous n’y sommes pas seulement autorisés, mais conduits forcément, quand nous trouvons dans la Bible * le nom propre d’homme, évidemment emprunté à une divinité comme tant d’autres chez les Sémites, NW, zomen altitudinum, c’est-à-dire nomen altissimum, dont Gesenius 3% et Movers 3° ont déjà établi l'identité avec celui de la déesse Sémiramis. Et ce nom propre se retrouve identiquement dans celui de la reine Sammu-ramat, épouse de Bin-nirari 3, la Sémiramis d’Hérodote et la seule historique; car, de même qu’au O2 hébraïque correspond l'arabe F+ de même l’assyrien avait, pour exprimer l’idée de « nom, » les deux formes parallèles s 4m4 et sammu, Où et DD. A côté des noms contenant une prière à tel ou tel dieu ou une indication d'appartenance et de subordination à la divinité, il y avait chez les Chaldéo-Assyriens une classe nombreuse de noms propres se composant d’un nom divin suivi d’une épithète, comme Samdan-malik, « Samdan roi, » As s'ur-edil-ilani, « As's'ur arbitre des dieux, >» Nabu-na’id, « Nabu majestueux. » C'est donc purement et simplement le nom de la déesse Sammu-ramat ou Sémiramis qu'a pris la reine Sammu-ramat, laquelle vivait dans les dernières années du neuvième siècle et les premières du huitième.
La décomposition que nous adoptons pour le nom de Sémiramis, et que ces rapprochements nous paraissent rendre certaine, est encore confirmée dans la légende de Ctésias par l'introduction du personnage de Simmas, 0%, qui élève l'enfant nourri d’abord par les colombes. Au reste, il est facile de trouver des traces nombreuses de l’adoration du ot divin dans la religion des bords de l’'Euphrate et du Tigre. Les inscriptions cunéiformes mentionnent souvent le s’#m, le nom des grands dieux, comme une puissance active qui protége les rois et leur donne la victoire, de même que la #wklati de ces mêmes dieux, leur adoration, qui finit par devenir une entité subjective, une véritable puissance divine, comme le sacrifice, kratu, chez les Aryas vêdiques. 52°
Quant à la conception de ce Dÿ comme une personne divine distincte, nous croyons
que Movers #°° #7
a eu pleinement raison d’en voir une mention dans ce que dit Lucien du simulacre mystérieux et à l'aspect ambigu qui, dans le temple d’Hiérapolis ou Bambyce,
était placé entre les statues du dieu mâle et de la déesse féminine, et que quelques-uns
394. Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, pp. 64 et 69.