Diod,. Sic
tôt, #5 c’est-à-dire en 2123. Quant à Céphalion, Sardanapale est, dans son système, inscrit en r1$0 et la durée de l'empire depuis Ninus de 1013 ans, # ce qui reporte le fondateur en 2163. On voit que tous ces calculs reviennent, à bien peu de chose près, à la même date, qui était évidemment donnée par la légende et qui en avait le caractère fantastique.
45. Ap. Euseb., Armen. chron., p. 36, ed. Mai. 46. Euseb., 4rmen. chron., p. 41-44, ed. Mai; Syncell., pp. 167 et 168.
Il est facile de discerner deux éléments, l’un épique et l’autre religieux, dans la formation de cette célèbre légende, qui, nous l'avons déjà dit tout à heure, avait surtout pris un grand développement sous les Perses et que leur politique exploitait à leur profit, mais qui avait également cours chez les peuples sémitiques, et dont le fond premier, nous l'avons dit aussi et nous allons essayer de le démontrer dans un instant, devait ne pas être étranger aux Assyriens eux-mêmes, car il se rattachait à des mythes de leur religion.
Au point de vue des souvenirs historiques confondus et groupés dans un seul ensemble par l'imagination populaire, et transformés en épopée, Ninus, son nom même l'indique suffisamment, est le héros éponyme de la ville de Ninive, la personnification de cette ville et de sa puissance; sous son nom les récits de la tradition orale ont groupé tous les exploits, toutes les conquêtes des rois des différentes dynasties assyriennes, et même, car ces récits amplifient toujours, des conquêtes que n’a jamais faites aucun monarque de Ninive, comme celle de la Bactriane, et dans une autre direction celle des provinces occidentales de l’Asie Mineure. De même que les expéditions militaires ont été réunies autour du nom de Ninus, bien qu'on en ait aussi attribué à Sémiramis, la légende a surtout gratifié cette reine fabuleuse de la gloire de tous les travaux utiles ou gigantesques exécutés aux époques les plus diverses par des souverains asiatiques, quelle qu’en fût l’origine. #7 Elle lui a attribué toutes les constructions de Babylone, ** depuis celle de la pyramide de Bel, que les Babyloniens eux-mêmes rapportaient « au plus ancien roi, > jusqu'à celles du temps de Nabu-kudurri-usur et de ses successeurs; elle à placé de même sous son nom les travaux du roi Déjocès à Ecbatane, +? et l'exécution des grandioses sculptures du mont Bagistan dans la Médie (aujourd’hui Behistoun), qui datent du règne de Darius fils d’Hystaspe. 5°
47. Voy. notre Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, 3° édit., t. 2., p. so et suiv.
48. Ce qui put y contribuer pour une certaine part, c'est que des travaux considérables et d’une grande utilité avaient été réellement exécutés à Babylone, vers la fin du neuvième siècle avant notre ère, par une reine qu’'Hérodote (1., 184) appelle Sémiramis et qu’il place fort exactement un siècle et demi avant Nitocris, la femme de son Labynète 1°, c’est-à-dire de Nabu-bal-usur (Nabopolassar), roi de Babylone. « Sémiramis, dit le père de l’histoire, fit faire ces digues magnifiques qui retiennent l’Euphrate dans son lit et empêchent d’inonder la campagne autour de Babylone. » C'est la seule Sémiramis historique, et on l'a reconnue avec certitude dans la reine Sammu-ramat, femme du roi d’Assyrie Bin-nirari 3, que mentionne l'inscription de la statue du dieu Nabu découverte par M. Loftus à Nimroud et actuellement conservée au Musée Britannique (Cuneif. inscr. of West. As., t.1, pl. 35, n° 2; voy. la représentation de la statue elle-même dans George Rawlinson, The five great monarchies of the ancient eastern world, ire édit., t. 1., p. 179). Cette reine parait avoir été une princesse babylonienne de naissance, épousée par le monarque assyrien, qui aura régné de nom à Babylone en même temps que son mari à Ninive, et que les Babyloniens auront plus tard enregistrée seule dans leurs annales nationales. Voy. notre Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, 3° édit. t. 2., p. 76.