Notice historique, etc., p. i
Gironde. Si grande que fût la place que lui avaient faite dans l'Assemblée son talent et son courage, il ne fut pas élevé une seule fois aux honneurs de la présidence, et il fut écarté de toutes les commissions importantes.
Les membres du parti girondin avaient, en dehors des séances de la Convention, des réunions fréquentes, qui se tinrent successivement au numéro 148 de la rue Richelieu l, au Palais Royal 2 et chez un traiteur du passage des Ecuries 3, Les principaux d'entre eux avaient, en outre, tous les jours, des conférences chez Dufriche-Valazé 4. Lanjuinais n'assista jamais à aucune de ces réunions. Aussi pouvait-il déclarer à la tribune, sans être contredit par aucun de ses collègues, qu'il était étranger à tous les partis qui divisaient la Convention. « Etranger à tous les partis, disait-il ; isolé de toutes les sociétés, n'en connaissant d'autres que la Convention nationale, je vais présenter une opinion libre et pure de toute influence 5. »
Il ne faisait d'ailleurs nul mystère de ses sentiments religieux, de ses convictions profondément catholiques 6, et il y avait là une barrière de plus, et non la moins forte, entre lui et les députés de la Gironde, qui faisaient profession du plus grossier matérialisme. Aussi fut-il décrété d'arrestation, au 2 juin 1793, non comme Girondin, mais comme catholique, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même dans son récit des journées des 31 mai, 1er et 2 juin : « La Monta-
1. Séance de la Convention du 31 décembre 1792 (Moniteur de 1793, n» 2).
2. Troisième Discours dWrmand-Benott- Joseph Guffroy^ député du Pas-de-Calais, sur la punition de Louis Capet; imprimé par ordre de la Convention, nationale, p. 30.