Tome IV, p. 499 à
GlRO-NDINS l4
« point Taire à la patrie le sacrifice de tes ressenti- « ments, disait Danton, tu ne sais point pardonner, tu « seras victime de ton opiniâtreté. » La rupture ne tarda point à éclater i. » — M. Mortimer-Ternaux dit de son côté : « Les avances qu'à plusieurs reprises Danton avait faites à la Gironde avaient été repoussées avec dédain. A chaque fois, le spectre de Septembre s'était dressé entre lui et ses anciens adversaires 2. » Ainsi entrée dans l'histoire, la scène des Girondins, refusant de mettre leur main dans la main de Danton, a reçu de plus la consécration de la poésie. Au premier acte de sa tragédie de Charlotte Corday, Ponsard l'a développée en beaux vers. C'est le soir du 22 septembre 1792; la république vient d'être proclamée par la Convention; les Girondins sont réunis au ministère de l'intérieur, dans le salon de Mme Roland. P^ntre Danton qui leur offre son alliance et qui leur tend la main.
A Barbaroux, Louvet, Biizot, qui restent immobiles. Et vous, messieurs ?
BARBAROUX
Danton, souffre que je m'abstienne.
DANTON
Pourquoi ?
BARBAROUX
Dispense-moi d'un langage offensant.
DANTON
Parle.
BARBAROUX
Eh bien donc, ta main a des taches de sang.