‹ La légende des GirondinsChapitre 118 sur 274 · LOUVET DANTON · texte numérisé non relu

LOUVET DANTON

Vous repoussez la main que je venais vous tendre ?

BARBAROUX

Le crime et la vertu ne peuvent pas s'entendre.

DANTON

Soit !

(Il s''éloigne, puis ar,i': ').

11^ Vous avez voulu la guerre ; — vous l'aurez *. ^BActe 1". scène II.

Poète dramatique, Ponsard était dans son droit en ] mettant à la scène un fait dont tous les historiens j affirmaient l'exactitude ; un devoir plus étroit s'impo- l sait à ces historiens : ils étaient tenus de rechercher | si le fait était vrai, de remonter aux sources, de com- 1 parer et de peser les témoignages. Est-ce ainsi qu'ils < ont procédé ? J

D'après M. Thiers, les tentatives de réconciliation s entre Danton Bt les Girondins, les réunions auxquelles 2 assistèrent Danton, Petion, Robespierre, Barbaroux 1 et les principaux membres de la Gironde, le mot de i Barbaroux sur l'impossibilité d'une alliance entre le ; crime et la vertu, tout cela prend place avant l'ou- 1 vertur-e de la Convention ; — et M. Thiers, qui ne \ cite presque jamais ses autorités, dérogeant pour, i cette fois à ses habitudes, indique en note Durand \ de Maillane, Dumouriez et MeiUan l. \

Durand de Maillane parle bien, dans son Histoire ' de la Convention nationale, d'une conférence entre l Danton et les chefs du parti girondin, mais il en fixe '\ l'époque, non point avant l'ouverture de la Conven- h tion, mais longtemps après et au plus fort de la lutte i entre la Gironde et la Montagne ''^. \

Dumouriez n'était pas à Paris dans les jours qui pré- ] celèrent l'ouverture de la Convention ; il y arriva [

1. M. Thiers écrit Meilhan ; inexactitude assurément peu { grave, mais qui cependant, si l'on considère qu'il ne s'est pas i donné la peine de la corriger dans les nombreuses éditions de ■ son livre, témoigne de la légèreté avec laquelle il a écrit son ; Histoire de la Révolution et du peu de soin avec lequel il \ l'a revue. l

2. Histoire de la Convention nationale, par Durand de ] Maillane, p. 36. ;

seulement te 16 octobre 17'j2 er ny re^ui (^ue ?<ix jours. C'est à ce moment que se rapporte le passage suivant de ses Mémoires, le seul qui ait trait aux tentatives de conciliation entre Danton et les membres de la Gironde :

Les Girondins étaient encore les maîtres, mais leur pouvoir, continuellement attaqué par les violences de Marat et des Jacobins, commençait à décliner... Un seul homme pouvait les soutenir, sauver le roi et sa patrie, mais ils achevèrent de l'aliéner, quoique Dumouriez eût donné le conseil de le ménager et de se lier avec lui. Cet homme était Danton... Si les Girondins avaient eu le bon esprit de se coaliser avec lui, il aurait, ou dompté, ou anéanti les Jacobins, et peut-être Louis XVI lui aurait dû la vie : mais on l'a poussé à bout, et il a tout .sa'irifié à savenseaiir^e *.

Dans cette page de Dumouriez, il n'est nullement 'luesîion d'une conférence à laquelle auraient pris part Danton et Robespierre, Petion et Barbaroux : il l'est fait aucune allusion au fameux mot sur /e crime sil y est parlé de l'éloignement des ; vmde pour Danton, Dumouriez ne dit joint que cet éloignement eût pour cause la participation de Danton aux massacres de septembre. Est-ce qu'il n'existait pas entre eux d'autres motifs de discorde ] Est-ce que, peu de jours avant le voyage de Dumouriez à Paris, à Lasource, à Rebecqui, dénonçant des projets de dictature et de triumvirat, Danton n'avait pas répondu en demandant à la Convention de « prononcer la peine de mort contre ceux qui voulaient morceler la France et détruire son unité », lançant ainsi le premier contre les Girondins cette accusation de fyybiralmne qui devait les conduire à l'échafaud 2 ?

Meillan, le troisième et dernier témoin invoqué par

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