I. Mémoires de Dumouriez, t. III
,'. Séance du 25 septembre 1792. Moniteur^ n» 270.
M. Thiers, constate, comme Durand de Maillane, qu'un essai de conciliation fut tenté et qu'une conférence eut lieu ; mais il en précise la date, qu'il fixe au lendemain de la conspiration du 10 mars 1793, et il ne mentionne niPetion, ni Barbaroux, ni par conséquent le mot légendaire de ce dernier l.
Ni Durand de Maillane, ni Dumouriez, ni Meillan ne confirment donc le récit de M. Thiers, qu'ils contredisent n]ême sur un point important, sur l'époque à laquelle auraient eu lieu les tentatives de conciliation. Pour une fois que l'auteur de VHistoire de la Révolution s'est risqué à indiquer ses sources, il n'a pas été heureux.
Plus sage, Lamartine ne cite pas les siennes, lorsqu'il décrit, dans la page que nous avons déjà signalée plus haut, ce banquet chez Dumouriez, digne de servir de pendant dM Dernier banquet des Girondins de Charles Nodier. La palme de l'invention appartient même à l'historien. Le récit de Nodier, en effet, tout romanesque qu'il soit, a du moins pour point de départ trois lignes des Mémoires de Buzot 2 ; celui de Lamartine ne repose absolument sur rien. Il n'est parlé de ce prétendu banquet chez Dumouriez, ni dans les feuilles du temps, ni dans les Mémoires contemporains. Il y a plus. Le voyage de Dumouriez, pendant lequel Lamartine place la scène où il fait jouer un si beau rôle aux Girondins, dura six jours. Arrivé à Paris le II octobre, le général en repartit le 17, à trois heures du matin 3. Sa vie, pen-
1. Mémoires de Meillan, député des Basses-Pyrénées à la Convention, p. 28.