‹ La légende des GirondinsChapitre 136 sur 274 · T. VI, p · texte numérisé non relu

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LA LÉGENDE DES GIRONDINS 2oo

des réfugiés français, de surveiller sévèrement leurs discours et leur conduite, et de les punir, s'ils enfreignaient ces défenses, comme coupables de lèse-humanité et perturbateurs du repos public i.

Quatre jours avant la publication, au Moniteur, de ces instructions de la cour de Vienne, le 29 novembre 1791, l'Assemblée législative avait voté une adresse au roi, dans laquelle Louis XV'I était invité à demandera l'empereur et aux princes de l'Empire de retirer tout appui aux émigrés. L'empereur s'empressa de déférer au désir de la France, en ne laissant aux émigrés que le traitement d'une simple hospitalité, et, dès le 13 décembre, Louis XVI faisait connaître à l'Assemblée, au sein de laquelle il se rendit à cette occasion, le résultat satisfaisant de ses démarches 2. Seul, l'électeur de Trêves autorisait encore chez lui des rassemblements d'émigrés en armes. Sur les représentations de Louis XVI, il ne tarda pas à donner à son tour une complète satisfaction aux griefs du gotivernement français ; et, le 28 décembre, M. de Lessart, ministre des affaires étrangères, était en mesure de communiquer au Corps législatif la réponse de l'électeur, en date du 21 décembre 3, « H ne reste pas un Français à Trêves, écrivait Mallet du Pan, à la date du 21 janvier 1792. Coblentz se dégarnit de jour en jour. Les gardes du corps l'ont évacué, La plupart des compagnies armées ont filé au milieu des neiges et des routes dégradées. Le port d'uniforme est interdit. Les marchés d'armes et de munitions viennent d'être sévèrement défendus ; et cet électorat, couvert de guerriers il y a quelque temps, ne l'est plus maintenant que d'un certain nombre de Français en habits bourieois. Cette inconcevable débâcle s'est opérée avec la

Moniteur du 2 décembre ITOI.

Moniteur du 5 décembre 1791.

Moniteur du 29 décembre 1791.

plus grande précipitation. Les intimations du cabinet de Vienne se sont jointes à celles du Corps législatif de France, pour iorcer l'électeur de Trêves et les princes français à cette humil.ante condescendance i. »

Les faits les plus positifs attestaient donc hautement le désir des puissances étrangères de rester en paix avec la France.

La guerre n'est pas leur œuvre ; elle n'est pas non plus l'œuvre de Louis XVI, et il n'a pas dépendu de lui que cette calamité ne fût épargnée à la France. Sa correspondance avec ses frères, les comtes de Provence et d'Artois, et en particulier sa lettre du mois de septembre 1791, dont la sincérité ne saurait être suspectée, puisqu'elle était destinée à rester secrète et n'a été en elfet rendue publique qu'en 1 835, ne laissent aucun doute sur ses sentiments à l'endroit d'une intervention étrangère, et sur son éloignement pour la guerre. « J'y ai bien pensé, écrivait-il, et j'ai vu que la guerre ne présentait d'autres avantages que des horreurs et de la discorde. J'ai donc cru qu'il fallait éloigner cette idée 2, » Dans le conseil des ministres, tenu au mois d'avril 1792, à la veille de la guerre, il se prononça contre elle avec la plus grande énergie, et il exigea que son opinion fût consignée dans un procès-verbal, revêtu de la signature de tous les membres du ministère 3.

Si Louis XVI ne voulait pas la guerre, ceux-là, sans doute, y auront poussé qui étaient au premier rang

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