‹ La légende des GirondinsChapitre 148 sur 274 · LA GIRONDE ET LE GOUVERNEMENT REVOLUTION- NAIRE · texte numérisé non relu

LA GIRONDE ET LE GOUVERNEMENT REVOLUTION- NAIRE

Les Girondins ont créé le gouvernement révolutionnaire et l'ont pourvu de tous ses organes. — Liste des lois de mort votées par la Gironde et antérieures au 31 mai 1793. La Terreur est faite. — De la part prise par les Girondins à la création du Comité de salut public. Buzot et M'"^ Roland. — Les Girondins et l'établissement du Tribunal révolutionnaire. Le Tribunal une fois institué, ils ont étendu ses attributions et activé sa marche. Leur attitude en face des premières condamnations du Tribunal révolutionnaire. — Les Révolutions de Paris, — Nonlex est justior ulla...

Dans les deux précédents chapitres, consacrés à l'étude de la constitution girondine et à l'examen de la politique étrangère de Brissot et de ses amis, nous avons établi que l'initiative et la responsabilité de la guerre appartenaient aux Girondins, qu'ils avaient les premiers, et bien avant les Montagnards, inauguré le système révolutionnaire de la propagande armée, du défi jeté à tous les trônes, de l'appel à l'insurrection générale des peuples contre les rois.

Nous croyons avoir démontré également que leurs doctrines, en matière de constitution, n'étaient pas moins démagogiques que celles de la Montagne; qu'elles l'étaient peut-être même davantage, à ce point que certaines parties de leur œuvre avaient paru à Marat lui-même trop favorables à l'anarchie.

Dira-t-on qu'il ne s'agit là (jue de doctrines, et qu'après tout, si déplorables qu'elles soient, elles ne se sont pas du moins traduites dans les faits ? Sans

doute, la constitution girondine est restée à l'état de projet; mais il n'en a pas été de même de tant d'autres lois votées par les Girondins, du 10 août 1792 au 31 mai 1793, lois terribles d'où sont sortis, armés de toutes pièces, le gouvernement révolutionnaire et la Terreur. Danton et Robespierre ont bien, après la chute de la Gironde, fait décréter des lois abominables, la loi des suspects, par exemple, ou la loi de prairial : mais c'étaient là fantaisies de tyrans et caprices de bourreaux. Point n'était besoin, en effet, de lois nouvelles pour remplir les prisons et pour alimenter l'échafaud. La Gironde avait fait, à cet égard, tout le nécessaire ; et même, on va le voir, elle n'avait point négligé ce superflu, qui paraissait à Robespierre et à Danton chose très nécessaire.

Dans sa séance du 10 octobre 1793, la Convention, à la suite d'un long rapport de Saint-Just, décréta que le gouveriiement serait révolutionnaire jusqu'à la paix 1.

Saint-Just se trouva ainsi le parrain du gouvernement révolutionnaire, mais il n'en fut pas l'auteur. Ce gouvernement existait déjà; il était né avant le 31 mai, et il avait pour pères les députés de la Gironde. C'est là une vérité que le plus irrécusable des témoins, le Bulletin des lois, ne permet pas de révoquer en doute. Il sudit de l'ouvrir et de lire les lois votées par les Girondins, à l'époque où ils étaient les maîtres de l'Assemblée législative ou de la Convention, pour se convaincre que le gouvernement révolutionnaire est leur œuvre, qu'ils l'ont créé, qu'ils l'ont poun-u de

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