Archives nationales, W
2. Mémoires d'un détenu pour servir à l'histoire de la tyrannie de Robespierre, par H. Riouffe, p. 62.
3. Précis de la défense de Carra, député à la Convention nationale, contre ses accusateurs, 60 p. in-8, sans nom d'imprimeur. — Notes préparées par Vergniaud pour sa défense. Archive? nationales, W, n° 292, 3« section. Charles Vatel, Vergniaud, t. Il, n» 2.51-268.
fut leur colère lorsqu'ils se virent condamnés sans avoir pu les prononcer, sans avoir pu détendre leur vie, et, à défaut de leur vie, leur mémoire. Indignés, furieux, ils dtichirèrent leurs plaidoyers, leurs notes, et les jetèrent à la face de leurs juges, en criant, ainsi que le rapporte Vilate : « Nous sommes innocents, peuple, on vous trompe ^ ! » Cette hypothèse a paru la plus vraisemblable à M. Charles Vatel, dans son ouvrage sur Vergniaud, et nous n'hésitons pas à nous ranger à son opinion 2.
Entraînés par les gendarmes, les condamnés avaient quitta la salle, et sur les bancs déserts une seule place restait occupée. Le corps de celui qui venait de crier : Je me meurs, était gisant sur l'estrade ensanglantée. Sans s'émouvoir de cet horrible spectacle, Herman prononça, contre tous les condamnas, la peine de mort et la confiscation de leurs biens. Cette formalité remplie, le tribunal entendit successivement le rapport de deux officiers de santé et celui de deux huissiers, constatant, les premiers, que le condamné, qui s'était frappé d'un coup de couteau, avait expiré ; et, les seconds, que le cadavre était celui de Charles- Eléonor Dufriche-Valazé.
Fouquier-Tinville se leva et requit que le cadavre de Valazé fût exécuté sur la place de la Révolution, en même temps que Brissot et ses complices 3. Herman lui-même recula devant cette mesure sans nom, et le tribunal ordonna que le corps du suicidé serait conduit au lieu du supplice, dans une charrette qui accompagnerait celles des autres condamnés, et qu'il serait ensuite inhumé dans la même sépulture ^.