Vilate, chap. XIII, p
2. Séance de la Société des Jacobins du 6 brumaire an l (27 octobre 1793).
M. Louis Blanc s'avance donc beaucoup trop, lorsqu'il allirme que les documents qu'il invoque ne laissent aucun doute sur l'existence de ce fait. Des témoignages, ceux-là irrécusables, tendent au contraire à démontrer l'invraisemblance de ce prétendu appel au peuple.
On lit dans la dernière lettre de Lasource : « Je prie qu'on fasse remettre dans la chambre que j'occupais, au Luxembourg, un paquet de Moniteurs qu'on me prit hier soir, quand on me fouilla: ils ne m'appartiennent pas i. »
VAnti fédéraliste, le journal officieux de Robespierre, dit, dans son numéro du 1" novembre 1793 (11 brumaire an II) : « Les accusés sont introduits, après avoir été fouillés par la garde. »
« Valazé, dit l'auteur des Mémoires d'un détenu, renfermé à la Conciergerie avec les Girondins, Valazé avait dérobé son poignard aux recherches, car on les fouillait comme de vils criminels avant de monter 2. »
Si l'on fouillait ainsi les accusés, au moment où ils montaient de la Conciergerie au tribunal, comment admettre qu'ils aient eu, à la dernière audience, les poches pleines d'assignats? — Est-ce à dire, pourtant, que le r.'cit du Bulletin de Clément et l'image des Révolutions de Paris soient une pure invention? Nous ne le pensons pas. Plusieurs des Girondins avaient pr ^paré des défenses, écrites ou imprimées 3 ; ils y attachaient une extrême importance, et grande