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LES GIRONDINS ET LE 10 AOUT

Les Girondins sont-ils les auteurs du 10 août ? Distinction à faire à cet égard. Les Girondins qui n'appartenaient pas à TAssemblée législative, et en particulier Petion, Barbaroux, jRebecqui, Carra, Louvet, Gorsas, ont voulu et préparé la révolution du 10 août. Les Girondins de TAssemblée, et notamment Vergniaud, Guadet, Gensonné, voulaient le maintien du trône constitutionnel avec le prince royal, roi de nom, et de fait leur otage. — Les massacres du 10 août. — Les Girondins et la liberté de la presse. — Brissot et le Tribunal du 17 août. — Les décrets de proscription et les lois de mort.

Les Girondins sont-ils les auteurs de la révolution du 10 août? Il n'est pas douteux que tous leurs actes, depuis l'ouverture de l'Assemblée législative, ont préparé et rendu inévitable le renversement de la royauté. Le décret du 20 avril 1792 portant déclaration de guerre contre le roi de Hongrie et de Bohême ; la suppression de la garde constitutionnelle de Louis XVI ; la création des piques et leur distribution aux citoyens i^atHotes et bien connus ; le vote de l'Assemblée décernant les honneurs de la séance aux émeutiers du 20 juin i ; l'appel à Paris des Mat-seil-

1. « La séance du lundi 25 juin a été aussi audacieuse de la part des factieux qu'il est possible : ils sont encore venus à la barre de l'Assemblée ; ils ont dit ; « On cherche les auteurs de la journée du 20, c'est nous, nous voici. » Et ils ont eu les honneurs de la séance. » Lettre de Malouet à Mallet du Pan {Métnoires et correspondance de Mallet du P. m, t. I, p. 301).

lais et de ces i^tW/'é^ des départements, qu'un membre du club des Jacobins, le journaliste Robert, ami de Mme Roland, proposait d'appeler de leur vrai nom : les Insurgés i ; l'éloignement de toutes les troupes de ligne en garnison à Pai-is ^ ; le décret du 25 juillet, plaçant la terrasse des Feuillants sous la police immédiate de l'Assemblée et ouvrant ainsi au peuple la porte des Tuileries ; le décret du même jour proclamant la permanence des sections 3, ce qui équivalait à déclarer l'émeute en permanence ; — toutes ces mesures, pour ne parler que de celles-là, ne pouvaient pas ne point entraîner la chute du trône. Or ces mesures étant l'œuvre des Girondins, il est vrai de dire que la révolution du 10 août est aussi leur œuvre et qu'ils doivent en porter la responsabilité devant l'histoire.

Si cependant, laissant de côté les causes qui ont amené cette révolution, on veut absolument ne voir dans le 10 août que le fait isolé de l'attaque du château et de l'envahissement des Tuileries, il n'est plus alors (îxact de dire, d'une manière générale et absolue, que les Girondins sont les auteurs de cette journée, dans les conditions où elle s'est produite.

Deux choses, en effet, sont également certaines : la I)remière, que plusieurs membres de la Gironde ont ^'0ulu l'attaque des Tuileries à main armée et se sont employés de leur mieux à la faire réussir ; — la seconde, que d'autres membres du parti, et non les moins considérables, n'entendaient point aller aussi loin; la chute du trône, à ce moment, dépassa leurs désirs et contraria leurs desseins.

Ceux d'entre les Girondins qui figurent parmi les auteurs immédiats du 10 août se recrutèrent surtout

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