Mémoires de Barbaroux, p
Marseillais de leur caserne de la rue Blanche aux Cordeliers, où ils étaient sous la main du club de ce nom, avec leurs armes, leurs canuns et leur dra-^ peau 1.
Quant à son rôle dans la journée du 10, lui-même nous en a révélé toute l'ignominie dans un écrit publié eu 1793, sous le titre de Pièces intéressantes pour l'histoire :
Je désirais, dit-il, l'insurrection, mais je tremblais qu'elle ne réussît pas. Ma position était critique ; il fallait faire mon devoir de citoyen sans manquer à celui de magistrat. Il fallait conserver tous les dehors et ne pas m'écarter des formes... Carra m'avait prévenu. Il m'avait ajouté de plus : Nous vous mettrons en règle ; on vous empêchera de sortir... Eh bien ! apprenez maintenant que, quoiqu'on eût projeté de me consigner, on oubliait, on tardait de le faire. Qui croyez-vous qui envoya, par plusieurs fois, presser l'exécution de cette mesure? C^est tnoi, oui, c'est moi, parce qu'aussitôt que je sus que le mouvement était général, loin de penser à l'arrêter, j'étais résolu à le favoriser.
C'est donc à bon droit que, dans sa Lettre à la Société des Jacobins, au mois de novembre 1792, Petion écrivait : « Je n'ai pas peu contribué à amener la journée du 10 août 2. » Barbaroux a pu également dire, dans ses Mémoires, en toute vérité : « Petion conduisit à son terme la révolution du 10 août. Les scélérats qui l'ont renversé ne peuvent pas lui en ôter la gloire 3 ».
Les Girondins qui ne faisaient pas partie de l'Assemblée législative, et en particulier Petion, Carra, Bar-
1. Chronique de cinquante jours, du 20 juin au 10 août 1792, par P.-L. Rœderer, p. 69.
2. Voy. cette lettre dans VHistoire parlementaire de Bûchez et koux, t. XXI, p. 113.