Numéro d'octobre
lant encore des massacres de septembre ne lui arrache que cette phrase : « Quelques-uns de ceux qui alors (avant le 10 août), dans le comité secret ou autricliien, macliinèrent la perte de notre liberté, ont payé de leur vie cet attentat. » Et ces hommes, dont Brissot rappelle ainsi regorgement avec une satisfaction à peine déguisée, M. de Lessart, M. de Montmorin, le duc de Brissac, c'est lui qui les a fait décréter d'accusation ! Après cela, les assassins de septembre devaient bien cette compensation à P.-J. Brissot ; n'avaient-ils pas poussé la négligence jusqu'à laisser échapper le gazetier Maraude, son ennemi ? N'avaient-iis pas réduit le chef de la Gironde à pousser ce cri, le seul que lui aient arraché ces ruisseaux de sang, ces cadavres mutilés, ces bourreaux ivres de vin et de carnage : Ils ont oublié Morande i /
Plus tard, il est vrai, Brissot et ses amis se sont élevés contre les égorgeurs de septembre. Mais à quel moment et dans quelles circonstances ? Lorsque la «Commune a voulu se servir contre eux des moyens (ju'elle avait mis en œuvre contre les royalistes, lors (lu'ils se sont vus menacés à leur tour d'être traités par te peuple comme de simples aristocrates. Alors, mais alors seulement, ils ont demandé que la justice eût ton cours régulier, que la vie et la liberté de tous les citoyens fussent placées sous la protection des lois ; i Is ont invoqué, -r^ leu/- propf, ces règles d'humanité tt de justice, à la violation desquelles ils avaient applaudi, tant qu'il ne s'était agi que des nobles et des prêtres !
i. Rapport de Saint- Just sur la faction de Brissot t Petion et Roland (séance du 8 juillet 1793). « Morande est-il assassine? disait Brissot. Morande était son ennemi, Morande était dans les prisons. » (La Vérité toute entière sur les vrais auteurs de la journée du 2 septembre 1792, par F«;lhemesi (Méhée fils), p. 17).
Sans donc nous arrêter à de vaines paroles, démenties d'avance par leur conduite ; estimant à leur juste valeur les témoignages d'une indignation tardive, dictée à Vergniaud et à ses collègues, non par l'horreur du crime, mais par la nécessité où ils se sont trouvés de faire arme de tout pour se détendre contre Robespierre et les meneurs de l'Hôtel de ville, nous nous croyons en droit de conclure, en terminant cette partie de notre travail, que, dans les journées de septembre, la lâcheté de la Gironde s'est élevée aussi haut que la scélératesse de la Commune.