‹ La Légende dorée de Jacques de Voragine; nouvellement traduite en francais, avec introduction, notices, notes et recherches sur les sourcesChapitre 19 sur 73 · SAINT CYR ET SAINTE JULITTE, SA MERE · texte numérisé non relu

SAINT CYR ET SAINTE JULITTE, SA MERE

visage avec ses petits ongles; il semblait parler et dire comme sa mère : « Et moi aussi, je suis chrélien. » Enfin après s'être débattu longtemps, il mordit le président à Tépaule. Celui-ci indigné et tourmenté par la douleur jeta du haut en bas IVnfant sur les degrés du tribunal qui fut couvert de sa petite cervelle ; alors Julitle, joyeuse de voir son fils la précéder au royaume du ciel, rendit des actions de grâces à Dieu. Elle fut ensuite condamnée à cire écorchée, puis arrosée de poix bouillante et enfin à avoir la tète tranchée. On trouve cependant dans une légende que Quirice,nese souciant pas des caresses ou des menaces du tyran, confessait qu'il était chrétien. A l'âge qu'il avait, ce petit enfant ne pouvait pas encore parler, mais c'était l'Esprit-Saint qui parlait en lui. Comme le président lui demandait qui l'avait instruit, il dit: « Président, j^admire ta sottise ; tu vois combien je suis jeune, et lu demandes à un enfant de trois ans quel est celui qui lui a enseigné la sagesse divine? » Pendant qu'on le frappait, il criait: « Je suis chrétien » ; et à chaque cri, il recevait des forces pour supporter les lourmenls. Alors le président fit couper par morceaux la mère et l'enfant, et de peur que les chrétiens ne donnassent la sépulture à ces tronçons, il ordonna qu'on les jetât çà et là. Cependant un ange les recueillit et les chrétiens les ensevelirent pendant la nuit. Les corps de ces martyrs furent découverts, du temps de Constantin le (irand,par une des femmesde Julitle qui avait survécu à sa maîtresse ; et tout le peuple les a en grande vénération. Ils soulfrirenl vers l'an du Sei«^neur 230, sous l'empereur Alexandre.

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