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CHAPITRE XI

Fêtes données à Pari» aux légionnaires créés après h bataille de Wagram, — Croix distribuées dans Tordre civil. — M. Delessert. — M. Laine. — Plusieurs refus de la croix exprimés par l'empereur. ^ Promotion faites dans la Légion d'honneur à Toccasion de la naissance du roi de Rome. ^ Décorations accordées à Tarmée d* Aragon commandée par le général Suchet. — Marine française. — Croix donnée à GoHin, mineur, ouvrier liégeois.

Le préfet de la Seine et les maires de Paris reçurent l'injonction de ne rien épargner pour faire un accueil pompeux aux régiments de la garde et à ceux de la ligne qui devaient rentrer dans la capitale (novembre 1809) à la suite de la campagne de Wagram. Les intentions de l'empereur furent exactement remplies, et cette fois la joie des citovens de toutes les classes se mêla aux fêtes offîcielles données par l'autorité. On put, en cette cir-. constance, s'assurer d'une manière parfaite que les

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années dv^ient modifié l'opipiou pu Wiqwe M'égstrd

de la Légion d'bpnneqr, Çn ï9o4, Ipr^sique I4 première dist:ri}3Utiûn des croix sç fit uux IpY^Udes, les militaires qni reçMrent pette distinctipn furent pour les Parisiens plutôt un objej; de curinsifé que d'intérêt véritable. Qe^ militairesi que Tqp yoyajt alnrs circuler $nr les places publiques parés de ce i;igne éclatant, étaient ppur la plupart des vétérans des armées du Rhin, de Sambre-et-Meuse, républicains ardents, dont le visage austère portait l'ernpreinte des passions politiques qui bPUiHonnaiept dans leur cœur. La moitié de la bourgeoisie parisienne avait eu à soufTrir des e&cès révolutionnaires; elle nourrissait une certaine prévention contre le^ qffiçier^ et les soldats qu'elle regardait, à tort ou à raison^ pomipe les soutiens du gouvernement démagogique, Cinq années avaient suffi pqpr reppuveler en quelque façon l'armée française ; le re§te des phalanges de la Convention et du Directoire ayait péri dans les champs d'Austerlilji , d'Iéna^ d'Eylau et de Fried-land; celles qui venaient de cueillir d'autres }au» riersà Ësslingetà Wagram différaient essentiellement des premières légions républicaine^ : chefs et soldats brillaient des feux de la jeupesse : }a croiî^ répemment acquise ornait cette fois des poitrines plus jeunes, Cette nuanpe fut aisément saisie par une population intelligente; l'accueil que les Parisiens firent aux régiments revenus de Wagrâm fut très-significatif j plus le légionnai^'e était jeune, plus il se voyait entouré d'égards et de prévenances. Ceci était fprt raisonnable ; l'officier PU )esp|-

dat de vingt-cinq ans que Ton voyait passer portant la croix à sa boutonnière , devait avoir reçu cette distinction pour des services irréprochables à tous les yeux ; il devait l'avoir indubitablement méritée, puisque l'empereur ne l'accordait que très-difficilement. Une autre considération venait s'ajouter à celle-ci : beaucoup de familles distinguées avaient des fils dans les rangs de l'armée; elles s'enorgueillissaient à juste titre des récompenses que leurs enfants venaient d'obtenir. Ainsi, à cette époque, la Légion d'honneur avait pénétré dans les rangs les plus élevés de la société. Ces divers motifs expliquent la bienveillance si marquée avec laquelle on reçut dans Paris les jeunes vainqueurs de Wagram ; le nombre des blessés et des amputés était considérable parmi eux. L'habitant s'arrêtait pour les saluer; la croix d'honneur avait obtenu une faveur dont elle ne jouissait pas quelques années auparavant. Dans les derniers mois de 1809, ^^ reprise de l'opéra ^ Aline ^ reine de Golconde, musique de Berton, ramenait la foule au théâtre Feydeau : les premières loges étaient remplies d'officiers ; dans l'une se trouvait le général d'Aboville, amputé d'un bras, et deux autres officiers supérieurs amputés comme lui. Le hasard les avait réunis; la croix d'or brillait sur leur uniforme : ces martyrs de la gloire attirèrent les regards des spectateurs , et dans un entr'acte le parterre se leva et battit des mains.

L'empereur éprouvait une vive satisfaction des progrès que faisait dans l'opinion publique une ins-

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