‹ La Légion d'honneurChapitre 128 sur 209 · CHAPITRE XIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIU

et renversé mort Kirchner '. Napoléon revint sur ses pas et prit dans ses mains celles de Duroc , qui avait conservé sa connaissance. L'agonie du grand maréchal du palais fut aussi longue que celle de Lannes, frappé à Essling. Duroc , transporté dans une petite ferme^ y expira le matin du a 3. Jamais Napoléon n'avait témoigné autant de regrets pour la perte d'un de ses compagnons d'armes. La mort lui ravissait son Héphestion^le confident de ses plus intimes pensées.

Quatre jours après la victoire de Bautzen y les troisième et cinquième corps envahissaient la Silésie ; nos avant-postes arrivaient le 26 aux portes de Breslau. Frédéric-Guillaume, effrayé du péril que courait la seconde ville de ses États , supplia Alexandre* de prendre des mesures pour arrêter les progrès des Français. Le czar envoya au quartier général de Napoléon des parlementaires, qui se présentèrent le 29 pour demander un armistice au nom des souverains alliés. Le duc de Vicence se rendit auprès d'eux; l'armistice fut accordé avec une précipitation dont personne ne se rendit compte. L'événement prouva que cette condescendance fut une faute capitale qui eut les plus funestes conséquences. Le trépas du grand maréchal du palais ne fut pas étranger à cette détermination : le

' Le général de division Bruyère, officier de cavalerie des plus estimés, fut blessé mortellement au milieu de la journée du aa mai, quelques heures avant Duroc; il mourut de ses blessures le 5 juin.

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quartier général en demeura convaincu. Les touchantes paroles échangées entre Napoléon et Duroc expirant avaient ébranlé son âme; le grand capitaine si souvent vainqueur des puissances du continent, abtmé maintenant sous le poids de la douleur, voulut faire cesser une guerre qui venait de lui coûter la perte du seul homme qu'il appelait son ami»

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