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CHAPITRE XIII. au

eorps sur FBlbe, et prendre 1^ reaseignements nécefisaîre^ pour bien connaître les dispositions de l'en Demi.

L'empereur Alexandre, mécontent de Wittgenstein et de Blûcher, prit le commandement en chef de l'armée des coalisés, dont le rôle venait de changer depuis le dernier revers : oblige de reculer, il se voyait contraint de se tenir sur la défensive. Napoléoq, au contraire, qui n'avait cessé de recevoir quelques renforts depuis le i^^ mai, se voyait en situation de rentrer dans son droit naturel, qui consistait à prendre toujours l'offensive.

Des rapports fidèles lui apprirent que le czar, après avoir franchi l'Elbe et la Sprée, s'était arrêté sur les hauteurs qui dominent la ville de Bautzen, chef-lieu du cercle de la basse Lusace, onze lieues nord-est de Dresde. Les différents corps russes ou prussiens manœuvraient depuis huit jours pour venir se concentrer dans la belle positiop choisie par le nouveau généralissime des coalisés; cette position, dont Napoléon connaissait fort bien l'importance, qu'il avait examinée en détail dans les guerres précédentes, avait été rendue encore plus formidable par des lignes d'artillerie établies sur les terrasses pratiquées le long des pentes du terrain. Alexandre savait qu'il entrait dans les habitudes martiales des Français d'attaquer de front les difficultés; il espérait que ses redoutables adversaires useraient leur ardeur pour enlever cette position, et qu'on pourrait le§ anéantir au pied de ces retranchements.

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Les différents corps de Taroiée française achevèrent de passer TElbe du i5 au 18 mai, poussant devant eux les divisions ennemies, lesquelles, en se retirant, livraient par calcul à la dévastation les pays qu'elles étaient obligées d'abandonner.

Napoléon arriva le ao mai devant Bautzen. Les forces réunies sous ses yeux présentaient un effectif de 17O9OO0 hommes '• Il avait auprès de lui le même nombre de maréchaux qu'il comptait à la bataille d'Austerlitz ; mais c^ n'étaient plus les mêmes. Soult et Berthier avaient seuls assisté à la brillante journée du a décembre i8o5. Après eux venaient les maréchaux Ney, Mortier, Macdonald, Oudinot, Marmont ^. Le prince Eugène tenait la

' L'eRectîf des coalisés ne s'élevait qu'à i SoyOoo hommes^ mais les avantages de la position devaient rétablir l'équilibre.

' Masséna, disgracié à sa rentrée du Portugal à la fiu de iSir, venait de recevoir la mission de défendre la Provence, menacée par le débarquement des Anglais. Pérignon, chargé d'une mission analogue, avait reçu le gouvernement du Languedoc. Soi*rurier commandait l'hôtel des Invalides. Moncej résidait à Paris, en sa qualité de commandant en chef de la gendarmerie. Jourdan se trouvait dans le nord de l'Espagne, exerçant auprès du roi Joseph les fonctions de chef d'etat-major. Lefebvre siégeait au sénat, se tenant prêt à partir pour une destination. Davoust commandait le premier corps , réuni sur le bas Elbe, auprès de Hambourg. Victor commandait le deuxième corps, qui menaçait la Prusse du côté de Glogaa. Rellermann, gouverneur de Mayence, y organisait en régiments de marche les renforts de cavalerie principalement, arrivés de l'intérieur de la France. Augereau, gouverneur de Francfort-sur-le-Mein, s'oc* cupait à maintenir libres les communications avec la grande

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première place parmi ses lieutenants, à la suite desquels on doit citer les généraux Reynier, Bertrand, Lauriston, Compans, Kellermann, Bonnet, Latour- Maubourg, Souham, Mouton, Ricart, Durutte^ Gérard, Bruyère, Drouot, Perneltî, Dulauloy, Kirchner, etc. L'expérience de tant de chefs illustres devait suppléer au défaut de fermeté des jeunes troupes qu'ils commandaient

Les savantes manœuvres de l'empereur déconcertèrent les projets du czar. La ville de Bautzen, regardée comme la clef de la position, fut enlevée; les Prussiens d'York et de Blùcher, formant la ré* serve^ eurent à supporter tout le poids de l'attaque et furent écrasés. Alexandre, menacé sur son flanc droit, se vit contraint, pour échapper à une dé* faite, d'abandonner les retranchements élevés à grands frais sur son front, lesquels retranchements ne lui servirent de rien.

La lutte dura deux jours, le 21 et le 2a mai ; elle se termina au village de Wurtschen, trois lieues en arrière de Bautzen : les alliés battirent en re* traite dans un bon ordre. Cette bataille leur coûta plus de 20,000 hommes mis hors de combaL Notre perte fut également considérable : elle s'éleva à 1 5,000 hommes tués ou blessés.

armée, et dirigeait sur la Lusaceles troupes arrivant de France. Gouvion Saint-Gyr, souffrant encore de ses blessures, était en route pour rejoindre le quartier général. Suchet luttait avec avantage, en Catalogne, contre les Anglais et les Espagnols réunis. Brune vivait, depuis 1808, dans la disgrâce la plus complète.

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En cette dirconslance, le génie militaire de Napoléon brilla d'un vif éclat ; maib Texécution ne répondit pas à la belle conception du plan. Lé passage delà Sprée^ divisée eU plusieurs bras^ retarda la marche de Ney^ chargé d'attaquer reitréme droite des coalisés : ce maréchal arriva douze heures trop tiard au poste qu'on lui avait assigné. Si les combitiaiftons de l'empereur avaient été exécutées suivant ses espérances , les Russes et les Prussiens^ concentrés derrière là ville de Bautzen couraient risque d'éprouver un désastre analogue à celui que Mack et ses Autrichiens essuyèrent devant Ulm; iliais la roue de l'inconstante fortune tournait déjà dans un sens inverse.

Napoléon, placé sur une étninence à la fin delà journée du ast mai, ressentait un mortel déplaisir en voyant l'armée alliée échapper à une ruine qu'il regardait comme certaine : son cœur allait éprouver un chagrin qui devait lui être bien plus sensible. L'empereur avait à ses côtés le duc de Vicence, et à trente pas suivaient le maréchal Mortier, Durôc, le général Lebrun de Plaisance, le général de génie Kirchner et le page de service, portant la lunette. Ce dernier venait d'être appelé auprès du souverain, qui désirait s'assurer de la direction prise par l'armée russe : en ce moment, un boulet, parti d'une des batteries chargée de protéger la retraite de l'arrière-garde, vient frapper un gros arbre derrière l'empereur; le projectile ricoche, rase de près Mortier, frappe dans le bas-ventre Durée

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