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CHAPITRE XV. 3Si

Napoléon disposait encore de 3oo,ooo hommes, dont 1809O00 se trouvaient réunis en Silésie, en Saxe et sur les frontières de la Prusse; mais la majeure partie de cet effectif se composait de soldats novices, commandés par des généraux fatigués, suivant l'expression heureuse d'un de nos meilleurs écrivains militaires (M. Viennet).

I^ géant des batailles, accoutumé à étonner ses rivaux par la grandeur de ses entreprises, poussa l'aile gauche de son armée sur Berlin, avec l'intention de débuter dans ses opérations en occupant la capitale de Frédéric-Guillaume; mais, dans sa situation, il ne pouvait exécuter lui-même ce coup audacieux. Ses lieutenants échouèrent dans cette tentative; ils furent repoussés, le ai et le a3 août, par Bernadotte, qui commandait 80,000 Suédois ou Prussiens. Ces forces étaient de moitié supérieures à celles des Français ; Berlin fut préservée du sort qui la menaçait. Ses magistrats vinrent remercier leur libérateur, et le comparèrent à Sobieski, roi de Pologne, dont l'arrivée subite avait sauvé jadis Vienne, attaquée par les Ottomans.

L'empereur prenait ses dispositions pour réparer cet échec, lorsqu'il apprit que l'armée autrichienne, concentrée depuis quelque temps au pied du rideau que dessinent les montagnes de la Bohême, se portait rapidement sur ses derrières , afin d'attaquer Dresde; ce projet l'étonna par sa hardiesse. Moreau, dans son plan , voulait que Ton enlevât aux Français la capitale de la Saxe, dont la possession serait pour les alliés d'un grand prix, en ce qu'elle

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produirait un effet moral sur les puissances secondaires de TÂltemagne. Celles-ci semblaient n'attendre qu'une occasion favorable pour abandonner Talliance française. Napoléon ^ ayant perdu son point d'appui sur l'Elbe , se verrait obligé forcée ment de rétrograder dans la direction de Franc* fort. Moreau prescrivait aux souverains alliés de le poursuivre à outrance, non*seulement jusqu'au Rhin, mais encore au delà du fleuve, et de le pousser sur Paris ', qui deviendrait le tombeau de sa puissance.

Napoléon accourut en toute hâte à Dresde, que les alliés attaquaient déjà, et, d'un revers de son épée, il renversa tous ces bataillons autrichiens, iHiftses et prussiens. Un boulet, parti d'une batterie de la garde établie à l'extrémité du faubourg, dans la direction de Kœnigstein , alla frapper Moreau , qui se trouvait non loin du czar et du roî de Prusser ce boulet avait découvert le vainqueur de Hohen* linden sous l'uniforme russe ^.

*■ Le projet d'iavasion de la France et àc roccupaticm de Paris fut semé à dessein dan» les rangs de Tannée cambinée : on ne peut disconvenir que la tactique ne fût très- habile. Les cavaliers russes répandus le lon^ des rives de FElbe nous criaient en agitant leurs tances î Paris, Paris! Nous avons entenda distinctement ce funeste cri ; on ne put empêcher qu'il ne parvÎDl aussi atix oreille» de Teinpeteur, ce qwi loi causa iioe rude peine.

'Moreau eut les deux jambes fracassées $ il survécut quelques jours à l'amputation ; il expira dans la nuit du i®' a»» septembre, à l'âge de cinquante ans.

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