CHAPITRE XV. 3S
Dans cette grande journée du 27 août, Victor et Gauvion Satnt-'Gyr gagnèrent une seconde fois le bâton de maréchal. La cavalerie, conduite par Murat^ eut la plus grande part au succès* Le roi de Naples fut dignement secondé parles généraux Kel* lermann^Latour-^Maubourg^ l'Héritier, BordésouUe^ Berckeim ; les deux régiments autrichiens l'archi^ duc Reynier et Lusigdan furent détruits presque enentier.Nosrecruessebattirent comme des jeunes lions; le générafl Boguet, colonel des grenadiers de la vieille garde, avait reçu la mission de commander quatorze bataillons de ces conscrits. Ce chef intrépide, vieilli dans les combats^ sut faire passer danâ i'ftme de ces jeunes gens Tardeur qui l'animait et les électrisa par son exemple au milieu du feu, où ils allaient pour la prefnière fois. Le général Roguet fut blessé en repoussant les attaques des Hongrois.
Les Autrichiens^, assaillis par nos chasseurs et par nos hussards, jetaient les armes en criant : Marie-Louise! Marie-Louise ! Les noires, entendant invoquer le tiom de leur impératrice, retenaient letlrs bras et ne frappaient plus. Les soldats frariçaris et les soldats allemands, sortis des rangs in^ férieurs de la société, ne s'imaginaient pas que les hommes de deux nations pussent être enfteims quMd les WeM de la plus élroite parenté unissaient leurs souverains : c'est que le peuple a des entrailles, qu'il croît a la famille.
Les tfWîés avaient perdu au moins 3o,ooo hommes; oti ^t^OiùCfù knirwhf&m pl'isonnîers^ cm leur
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enleva (>o pièces de canon. La perte de rariiiée française fut de f 0,000 hommes, tues ou mis hors de combat.
Lesmémoiresde propositions relatifs aux récompenses furent envoyés le lendemain au quartier général par les commandants en chef des corps d*armée ; l'empereur mit une sorte d'empressement à faire expédier ces nominations.
I^ général Brayer, commandant une brigade du maréchal Gouvion Saint-Cyr, avait été blessé en déployant la plus grande intrépidité à la tête de ses soldats; il fut nommé général de division. Le général Berckeim, conduisant la tête de la colonne de cavalerie qui perça les lignes autrichiennes, fut nommé également général de division. Le même avancement fut accordé au général Drouot, qui avait rendu des services très-éminents en dirigeant Tartilierie, dont la supériorité du feu causa à ren* nemi des pertes considérables. Le général Flahaut, aide de camp de l'empereur, fut nommé général de division.
Le colonel Chrisliani, commandant les grenadiers à cheval de la garde, avait enfoncé successivement, avec son régiment seul, six carrés russes; il fut nonmié général de brigade. Les colonels Couture, Mandeville, de Choisy, Poret de Morvan, Duclaux, I^aville, Hugo furent également nommés généraux de brigade, en récompense de leur belle conduite.
Le roi Murât demanda le Grand-Aigle pour Kellermann; cet officier avait mérité depuis longtemps cette distinction. Lempereur répondit qu'il n'était