‹ La Légion d'honneurChapitre 173 sur 209 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

continent tout entier s^arracher de ses fondements pour se précipiter sur la France? Napoléon seul se faisait illusion sur la situation des affaires publiques.

Plusieurs généraux succombèrent dans cette guerre sainte : Rusca, Decouz, Charpentier, Châ^ teau ; ce dernier officier, d'un rare mérite, était gendre du maréchal Victor. Le contre-amiral Baste demanda avec instance la faveur de servir dans l'armée de terre, dès que l'invasion du pays devint un fait non douteux. Baste fut tué à Brienne, à quelques pas de l'empereur.

Pendant les soixante et dix jours que dura cette campagne mémorable, on eut à enregistrer des traits héroïques de courage, dont le souvenir se perdit en raison des événements immenses dans lesquels ils furent, en quelque façon, noyés. La nature de notre travail nous impose l'obligation d'essayer de les mettre en relief, et de parler des récompenses que l'empereur, suivant sa coutume, distribuait après les faits d'armes les plus remarquables. Depuis le i®'^ janvier i8i4 jusqu'au ji avril', jour où cessa son pouvoir. Napoléon fit dans la Légion d'honneur de nombreuses nominations; nous croyons qu'il est impossible d'en

^ Napoléon, établi au château de Fontainebleau le 3o mars au soir, continua à faire des nonainatioos de grades et de légionnaires jusqu'au lo avril ; mais le gouvernement provisoire ne reconnut ces nominations que jusqu'au 6 avril inclus. Les autres nominations furent rejetées.

fixer le chiffre; Jes upprédations émises à cet égard nous paraîtraient fort hasardées. Avant de parler des nominations saillantes parvenues à notre connaissance, nous relaterons les principales promotions faites dans les grades.

Le géfiéral de brigade Hamelinaye, qui selait distingué pendant quatre ans dans les guerres d'Espagne, avait été rappelé de ce pays et reçut, au mois de janvier 1H149 le commandement de la deuxième division de réserve de Paris, qui se réunissait à Troyes. Hameliqaye, n'ayant à sa disposition que 700 hommes d'infanterie et trois escadrons du 6^ chasseurs commandés par le colonel I Thalouet, parvint, par ses habiles manœuvres^ à arrêter la marche de la première colonne autrichienne, sous les ordres du feld-maréchal Giulay, qui se dirigeait rapidement sur la capitale de la Chanipagne, afin de s'en rendre maître. L'ennemi, intimidé par cette résistance inattendue, battit en retraite, et la ville de Troyes échappa cette fois au malheur de l'occupation étrangère. Hamelinaye fut nommé général de division.

Le baron Merlin, ancien colonel du i^*^ régiment de hussards,' fait général de brigade en juillet i8i3, assista aux grandes actions des premiers mois de ]8i4- Rétabli de ses blessures, il demanda à rentrer en ligne, et fut nommé général de division. Le I baron Merlin se distingua en plusieurs actions,

[■ principalement aux portes de Reims, où il défit une

i division de cavalerie du corps d'armée russe aux

\ ordres de Sacken.

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